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Voici l’invitation reçue pour le lancement :

La Tribu et René Lussier sont heureux de vous inviter au lancement de l’album Le prix du bonheur

Mardi 19 avril à 17 h
Au Cabaret Music-Hall
2111, St-Laurent à Montréal

René Lussier interprétera quelques chansons.

R.S.V.P.

17 heures, je me pointe au Cabaret. Aucune affiche n’indique où a lieu le lancement. Une table où il n’y a aucun membre de La Tribu pour nous recevoir, pas plus que le moindre bout de papier signifiant qu’il se passe quelque chose à cet endroit-là. Finalement quelqu’un placarde des affiches du spectacle (une belle rose); j’imagine qu’il y aura un brin de romantisme dans cet album.

Enfin, j’entre dans la salle. Pénombre complète, difficile de voir où on met les pieds. Au bar, on me dit qu’on viendra me servir si je m’assois à une table. Va pour la table, je pourrai écrire à ma guise. Perrier à la main, j’attends.

La patience est une vertu que je ne possède pas. J’ai le temps de regarder le décor. Quinze ampoules à mince filament violet jettent un éclairage blafard sur tout l’espace. La lumière vient principalement des trois sorties de secours qui sont alimentées par des ampoules 15 watts. Je continue à attendre dans la pénombre.

18 heures 15, des pas sur scène. Un grand jeune homme arrive tenant sa guitare d’une main et de l’autre… sa bouteille de bière!

Il nous dit bonsoir en utilisant le toé, le moé et l’icitte à profusion.

Enfin, il chante quelques chansons. Certaines avec le tempo de Brassens, d’autres avec celui des chansons à répondre. Il intercale des sifflotements de vrilles d’oiseaux entre les chansons, mais on est bien loin de la performance d’un Roger Whitaker. Un mélange des genres comme quelqu’un qui n’a pas trouvé le sien, une voix sans musicalité mais sans particularités non plus.

Il nous livre les textes tantôt en français correct, tantôt en joual. Là non plus il n’a pas trouvé son genre. Alors, plutôt que de nous livrer des bijoux de textes, il les écorche.

Après sa prestation, je lui pose quelques questions et il me dit que c’est sa femme qui écrit les textes. J’entends tout à coup une chanson où il y a une voix de femme. Je lui demande qui chante avec lui. On me répond que c’est Paule, sa femme. C’est la seule chanson dans laquelle il y avait de l’harmonie.

René Lussier aurait intérêt à se recycler en accompagnateur vocal et musical et laisser toute la place à sa femme, Paule Marier, qui écrit les textes de toute façon. Elle saurait mieux leur rendre justice.

0 Au secours, 1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément