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Un texte de Jocelyne Tourangelle

Ce matin 18 octobre, je voyageais sur la voie de service du boulevard métropolitain; j’ai tourné sur Saint-Denis, direction sud. Un squeegee m’a offert de laver mes vitres. Je n’avais que de la petite monnaie. J’ai refusé en lui adressant mon plus beau sourire. Il m’a souri en retour de toutes les dents blanches de sa jeune vingtaine. Un sourire vraiment radieux. J’étais accrochée. J’ai continué mon chemin et fait la course prévue. Et, oui, il y a un mais… Je me sentais imprégnée d’une lumière qui me venait de ce sourire, comme si j’avais été touchée par quelque chose d’irréel.

Je suis revenue sur mes pas en espérant rencontrer ce jeune homme encore une fois. Et, chanceuse de moi, il m’a reconnue et s’est approché quand je lui ai fait signe. Il a lavé mon pare-brise, et je lui ai donné mon maigre dollar en m’excusant de ne pouvoir lui en offrir davantage.

Je lui ai dit combien son sourire — le plus merveilleux du monde — m’avait fait plaisir. Sa réponse était aussi positive. « Votre sourire m’a fait le même effet, et vous ne savez pas à quel point vous me faites plaisir. Vous êtes revenue me voir, et ça fait un bon bout de temps que tout le monde m’envoie « chier » sur ce coin de rue. » Il a alors ajouté : « Ma copine va accoucher dans deux ou trois jours, merci! »

Je m’inquiète de lui et lui demande bêtement : « Est-ce que t’as cherché un autre travail? » Il me répond qu’il commence un cours d’aide-infirmier. Je lui souhaite bonne chance en lui disant que son sourire aidera tous ses malades à se remettre bien vite sur pied.

Je ne comprends pas ce qui m’est arrivé ce matin-là. J’ai vraiment l’impression qu’un Ange s’est trouvé sur ma route et qu’il a changé ma journée.