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Au Musée des Beaux-Arts de Montréal jusqu’au 25 mai 2005

Le Musée des Beaux-Arts de Montréal accueille une exposition en provenance du British Museum qui possède l’une des plus belles collections d’art égyptien au monde. L’exposition réunit près de 150 objets et couvre toute l’époque pharaonique, soit plus de 3 000 ans.

Voici le texte d’ouverture de l’exposition :

« À travers leur art, les Égyptiens eux-mêmes tentèrent d’accéder à la vie éternelle – un désir exprimé dans la combinaison hiéroglyphique ankh djet qui signifiait vivre éternellement.

Tout comme dans la plupart des autres sociétés de l’Antiquité, seuls quelques Égyptiens privilégiés, souverains et administrateurs, se partageaient alors les richesses et les pouvoirs. Les membres de l’élite s’offraient les services des plus grands artistes de leur période, auxquels ils commandaient des statues, des reliefs et des peintures pour le décor des temples ainsi que pour leurs tombes, ces demeures d’éternité destinées à préserver l’esprit et la mémoire des défunts. »

Les pièces exposées sont d’une qualité exceptionnelle. On y voit de belles sculptures sur bois, des statues de calcaire, des peintures sur plaques de calcaire dans les tons de rouge terre de Sienne, jaune ocre et verts tendres ou soutenus, aux couleurs encore vibrantes.

L’art des orfèvres y a sa place : magnifiques bracelets d’or et d’argent, colliers sertis de pierres, amulettes ciselées, statues de bronze, bracelets à charnière gravés et incrustés de lapis lazuli tous réalisés avec grande finesse.

Un peu plus loin on découvre de superbes pièces de verre aux couleurs éclatantes de lapis lazuli, turquoise et jaspe jaune et des appuis-tête en bois finement sculptés, plusieurs planches à dessins de calcaire avec croquis et peintures sur bois aux couleurs vives et la palette en bois du scribe de Mérimé qui contient encore des traces d’encre, des stèles funéraires peintes, aux couleurs parfaitement conservées.

Des statuettes Shaouabti représentant la figure du défunt étaient placées dans la tombe afin d’accomplir certaines tâches pénibles exigées de lui dans l’au-delà. La plupart des statuettes adoptent la forme de cercueils anthropomorphes où le corps est enveloppé dans un linceul, les bras croisés sur la poitrine.

« Dans l’Égypte ancienne, la croyance voulait que l’esprit puisse accéder à la vie éternelle dans un monde inférieur, traversé par le soleil pendant la nuit. Un royaume réunissant des caractéristiques de la vie sur terre et peuplé des dieux vénérés par le défunt. Le voyage vers l’au-delà était considéré comme un passage difficile, voire même dangereux.

Le Livre des Morts fut rédigé afin d’aider le défunt lors de ce passage. Ces textes consistent en une collection de formules magiques qui étaient placées dans les tombes. Des scribes recopiaient ces formules sur de longues bandes de papyrus. La plus ancienne forme de papier, fabriqué à partir de tiges de papyrus poussant le long du Nil. Chaque formule était illustrée de scènes parfois détaillées. »

Le plus célèbre papyrus funéraire a été réalisé en l’honneur d’un scribe nommé Any. De nombreux papyrus, dont un très long, d’une réalisation délicate et complexe, provenant de son Livre m’ont fascinée.

Un immense lion de granite rouge placé à l’entrée de la tombe d’Aménophis III garde encore la sculpture représentant la tête du Pharaon.

On expose dans une salle plusieurs sculptures cubes d’une facture tellement dépouillée qu’on pourrait facilement les placer dans un musée d’art moderne si ce n’était des hiéroglyphes dont elles sont couvertes.

Une seule pièce est inusitée dans l’exposition : un très beau portrait de femme sur panneau de tilleul qui date de la période romaine. C’est la seule pièce par laquelle on ne sent pas l’Égypte ancienne.

Une exposition grandiose qu’il faut prendre plaisir à savourer dans tous ses détails.

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