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Les 21, 24, 26, 29 septembre à 20 h et le 1er octobre à 14 h

L’Opéra de Montréal présente Norma de Vincenzo Bellini dans les décors et costumes du Metropolitan Opera de New York

C’est avec Norma de Vincenzo Bellini, considéré comme le premier chef d’oeuvre dramatique du romantisme et le sommet du bel canto italien que l’Opéra de Montréal ouvre sa 26e saison. Des chanteurs de haut calibre dans les décors et costumes du Metropolitan Opera de New York marquent la présentation de cette tragédie lyrique, chasse-gardée d’interprètes légendaires depuis sa création.

Déjà aguerrie au rôle-titre de Norma, la soprano arménienne Hasmik Papian incarne la grande prêtresse gauloise. Deux Américains, la mezzo-soprano Kate Aldrich, et le ténor Antonio Nagore, chantent respectivement les rôles d’Adalgise, jeune prêtresse, et de Pollion, proconsul romain en Gaule, alors que la basse polonaise, Daniel Borowski, chante celui d’Orovèse, chef des druides et père de Norma.

Bernard Labadie, à la direction artistique de l’Opéra de Montréal depuis 2002, assure la direction musicale de l’Orchestre Métropolitain du Grand Montréal, et Jean-Marie Zeitouni a préparé le Choeur de l’Opéra de Montréal. Au plan scénique, la mise en scène a été confiée à l’Américain Stephen Pickover, la conception des décors et des costumes à l’Américain John Conklin, et les éclairages au Canadien Luc Prairie.

Conflits d’un triangle amoureux

L’action se déroule durant la nuit, dans la Gaule au temps de l’occupation romaine. Les prêtres et guerriers gaulois se rassemblent dans la forêt sacrée, en attendant Norma la grande prêtresse des druides et fille d’Orovèse qui doit donner le signal de l’insurrection contre les romains. Elle aime secrètement Pollion, proconsul de Rome en Gaule avec qui elle a eu deux enfants. C’est pour lui qu’elle retarde le combat et espère la paix, invoquant la lune. Norma ignore cependant que Pollion s’est lassé d’elle et qu’il courtise Adalgise, jeune prêtresse vierge qui a promis de s’enfuir à Rome avec lui. Déchirée entre sa foi et son amour pour un Romain, Adalgise confie à Norma son amour pour Pollion, apprenant à son tour l’amour qui unissait Norma au Romain. Par fidélité à Norma, Adalgise renonce finalement à Pollion. Celui-ci surgit et défie Norma. Sous le choc, elle menace de tuer ses enfants, mais ne pouvant commettre un acte aussi cruel, elle les confie à Adalgise en lui demandant de rejoindre Pollion et de l’épouser. Celle-ci refuse et propose de ramener le Romain auprès d’elle… ce qu’elle fait sans succès. Blessée, Norma appelle les Gaulois à se soulever contre les Romains. Au même moment, Pollion est intercepté dans l’enceinte sacrée du temple des druides. Norma lui promet la vie sauve s’il renonce à Adalgise. Devant son refus, elle menace de tuer Adalgise et ses enfants, mais prise de pitié et de remords, elle se dénonce elle-même d’avoir trahi son peuple et fait préparer son propre bûcher. Devant ce sacrifice, l’amour de Pollion pour Norma se ranime. Norma confie ses enfants à son père Orovèse et dans un geste héroïque, monte sur le bûcher en compagnie de Pollion.

Le rôle de Norma compte au nombre des plus grands rôles féminins de l’histoire de l’opéra. Si le rôle-titre est devenu l’une des plus célèbres incarnations de la légendaire cantatrice Maria Callas, avec notamment le célèbre Casta diva, d’autres, telles Joan Sutherland et Montserrat Caballé ont honoré les exigences du rôle de cet opéra romantique ponctué d’audaces et de contrastes expressifs.

Et l’oeuvre, où se côtoient tragédie, foi, passion, jalousie, amour et mort, demeure certainement la plus grande réussite du jeune génie italien Vincenzo Bellini. Son originalité réside dans le fait d’être une tragédie classique par le sujet qu’il traite avec des moyens purement romantiques : les personnages y agissent en fonction de leur sensibilité. Norma, troublée par un conflit triangulaire (amour divin, amour humain, amour maternel), est une sorte de Médée chargée d’humanité. Au livret, le poète Felice Romani a su décrire avec une simplicité le drame du peuple gaulois ployant sous le joug de l’occupant romain qu’il aspire à renverser, et la tragédie des deux druidesses gauloises amoureuses d’un même homme, de surcroît romain. Au-delà du drame politique, il y a le drame humain, auréolé d’une douleur dévastatrice, de ces deux femmes transcendant leur amour pour Pollion par une admirable amitié que l’opéra exalte avec une grande sensibilité. Le succès de Norma réside incontestablement dans la musique sublime et lyrique de Bellini qui a écrit là son chef-d’¦uvre, d’une richesse mélodique inouïe soutenue par une orchestration d’une finesse extrême.

Et même si la première, le 26 décembre 1831, fut accueillie avec tiédeur par le public à La Scala, les représentations suivantes confirmeront avec éclat le succès de l’oeuvre qui sera présentée près de 40 fois lors de la saison 1831–1832, et qui n’a d’ailleurs pas quitté l’affiche depuis.

Distribution

Norma – Hasmik Papian, soprano arménienne, possède un parcours impressionnant. Après des débuts brillants à l’Opéra national de l’Arménie, elle a entamé une carrière internationale qui l’a propulsée sur les plus grandes scènes lyriques du monde dans les rôles les plus incontournables du répertoire : Norma, Aïda et Tosca qu’elle chante à de nombreuses reprises, de même qu’Abigaille (Nabucco), Donna Anna (Don Giovanni), Mimi (La bohème), Lisa (La dame de pique), Violetta (La Traviata) et Amelia (Simon Boccanegra), entre autres. La saison dernière, elle est tour à tour Aïda à Berlin et à Séoul, Abigaille à Dresde, Mimi à Palerme, Soeur Angélique (Suor Angelica) au Théâtre Royal de Liège, Norma au Nationaltheater Mannheim et Lisa à l’Opéra national de Paris. Le prestigieux Metropolitan Opera de New York l’entendra sous peu dans le rôle-titre d’Aïda et de Madame Butterfly. Elle est également très présente au concert et interprète un grand nombre d’oeuvres de compositeurs arméniens. Elle fait ses débuts à la compagnie.

Adalgise – Kate Aldrich, mezzo-soprano américaine. Après des débuts remarqués à Busseto en Italie en 2001 dans le rôle d’Amnéris (Aïda), elle reprend ce rôle pour le film de Franco Zeffirelli, avant de le redonner à Rome, Florence, Ravenne, Naples et Piacenza. Elle incarne Jules César (Giulio Cesare in Egitto) au Hamburgische Staatsoper, Hansel (Hansel et Gretel) au Palm Beach Opera et Idamante (Idoménée, roi de Crète) au Los Angeles Opera, aux côtés de Placido Domingo. Puis viennent récemment ses débuts au Teatro Colón (Don Quichotte) et prochainement au San Diego Opera (Maria Stuarda). Nous avons pu l’entendre à l’Opéra de Montréal lors de la 7e édition du Gala (2002).

Pollion – Antonio Nagore, compte parmi les ténors américains les plus sollicités et respectés. À l’Opéra de Montréal, il chante Faust (Mefistofele) en 2001 et participe à plusieurs éditions du Gala (1998, 2003, 2004). Son répertoire compte plus de 40 rôles, dont Don José (Carmen), le rôle-titre dans Werther, Hoffmann (Les contes d’Hoffmann), Rodolfo (La bohème) et Turiddu (Cavalleria rusticana). Il se produit dans une soixantaine de maisons d’opéra et avec plusieurs orchestres en Amérique du Nord, en Europe et au Moyen-Orient. Au cours de la saison 2004-2005, il a chanté Radamès (Aïda) au Deutsche Oper de Berlin, Cavaradossi (Tosca) à l’Opéra de Montpellier, fait ses débuts au West Australia Opera en Pollion (Norma) et terminé la saison au Fresno Grand Opera dans le rôle de Calaf (Turandot), rôle qui lui a valu maints éloges au cours de sa carrière.

Orovèse – Daniel Borowski, basse polonaise, participait à la 7e édition du Gala de l’Opéra de Montréal (2002). Sa jeune carrière a connu une progression rapide, favorisée par la qualité exceptionnelle de sa voix et ses dons de musicien et d’acteur. De grandes maisons d’opéra lui ont confié des rôles importants, notamment le Roi d’Égypte (Aïda), Basilio (Le barbier de Séville) et Banco (Macbeth). Au cours de la dernière année, il a incarné le docteur Bartolo (Les noces de Figaro) au Grand Théâtre de Genève, Un moine (Don Carlos) au San Diego Opera, Jacopo Fiesco (Simon Boccanegra) au Santa Fe Opera, Sarastro (La flûte enchantée) à l’Opéra national de Lyon et Timur (Turandot) à l’Opéra national de Montpellier. Récemment, il était Piero (Pia de Tolomei), au Gran Teatro La Fenice de Venise, et à nouveau Sarastro, à Madrid.

Direction musicale – Bernard Labadie, natif de Québec, est nommé directeur artistique de l’Opéra de Montréal en 2002 et fait ses débuts à ce titre en novembre 2003 dans Thaïs et dirige, la saison dernière, les deux dernières productions, Agrippina et Carmen. Avant sa nomination à la compagnie, Bernard Labadie était directeur musical et artistique de l’Opéra de Québec (1994 à 2003) où il a dirigé une quinzaine de productions. En 2004, il fait des débuts remarqués dans Così fan tutte au Mostly Mozart Festival de New York et dirige Lucio Silla de Mozart l’été dernier pour la première fois au Santa Fe Opera. Il mène en outre une importante carrière de chef d’orchestre en Amérique du Nord et en Europe, notamment à la tête de ses ensembles Les Violons du Roy (depuis 1984) et La Chapelle de Québec (depuis 1985), en concert à Washington et à Pasadena. Au cours de la saison 2004-2005, Bernard Labadie a été chef invité aux orchestres Los Angeles Philharmonic, Utah Symphony, Oregon Symphony, Vancouver Symphony et Atlanta Symphony. Il est nommé Officier de l’Ordre du Canada en février 2005.

Chef de chœur – Jean-Marie Zeitouni, né à Montréal, devient assistant chef d’orchestre et chef de choeur à l’Opéra de Montréal (2002), de même que directeur musical de l’Atelier lyrique (2003). En 2004-2005 il y fait ses débuts comme chef d’orchestre (Don Pasquale) et comme directeur musical de l’Atelier lyrique (Didon et Énée), en plus de ses débuts à l’Orchestre symphonique de Montréal et au Mostly Mozart Festival de New York (assistant chef). Parallèlement à ses activités montréalaises, il dirige L’élixir d’amour à l’Opéra de Québec après y avoir été chef de choeur. Depuis quelques années, il est étroitement lié aux Violons du Roy comme chef associé. Il a donné avec eux plus d’une centaine de concerts au Québec, ailleurs au Canada et au Mexique. Il a également dirigé des orchestres au Canada, aux États-Unis, à Cuba et au Vietnam.

Mise en scène d’après John Copely – Stephen Pickover, né à New York, met en scène plusieurs opéras, comédies musicales et pièces de théâtre aux États-Unis et à l’étranger. Outre sa récente mise en scène de l’opéra rock Remembrance of Things Past de Matt Gallaway, il travaille pour des maisons comme le Los Angeles Opera et le Houston Grand Opera. Il est de plus metteur en scène invité au Metropolitan Opera où il a entre autres réalisé Don Carlo, Tristan et Isolde, Norma, Susannah, Moses und Aron, Tannhäuser, La chauve-souris, Le cas Macropoulos, Billy Budd, Peter Grimes, Arabella, Pelléas et Mélisande, Rusalka, Fidelio, L’anneau du Nibelung, Le vaisseau fantôme, Carmen, plusieurs de ces productions ayant été diffusées sur le réseau PBS. M. Pickover est également directeur artistique en résidence du Riverside Opera Ensemble. Il fait ses débuts à la compagnie.

Décors et costumes – John Conklin, concepteur de décors et de costumes, signait les décors d’Agrippine la saison dernière à la compagnie, après avoir réalisé ceux de Carmen (1999) et de La bohème (2004). Il compte parmi l’une des figures dominantes de la conception scénique aux États-Unis, au théâtre comme à l’opéra. Il participe régulièrement aux productions du Glimmerglass Opera (Cavalleria rusticana et Pagliacci, 2002), et réalise les décors pour la plupart des grandes scènes américaines dont le Metropolitan Opera (Ghosts of Versailles), le New York City Opera (Die Soldaten, The Turn of the Screw) et le San Francisco Opera. Sur la scène européenne, des maisons comme l’Opéra Bastille, le English National Opera et le Bayerische Staatsoper ont sollicité sa contribution. Il est directeur artistique adjoint du Glimmerglass Opera et enseigne à la New York University.

Éclairages – Luc Prairie, concepteur canadien, a signé les éclairages de plus d’une centaine de productions partout au pays : de Frédéricton à Victoria, en passant par Toronto, Edmonton, London, Calgary et Montréal. Il a signé les éclairages pour la Compagnie Jean-Duceppe, le Centaur Theatre, l’Opéra McGill, le Canadian Stage et le Canadian Opera Company de Toronto, l’Edmonton Opera Company, le Pacific Opera de Victoria, l’Opéra de Calgary, le Théâtre du Nouveau-Monde et le Centre Saydie Bronfman de Montréal. Il enseigne également au collège Lionel-Groulx. Parmi ses dernières réalisations, mentionnons La mémoire de l’eau à la Compagnie Jean-Duceppe, The Burnt Piano au Centaur Theatre, The Man of la Mancha au Centre Saidye Bronfman, Idoménée pour l’Opéra McGill, Appelez-moi Stéphane à la Compagnie Jean-Duceppe, Long Day’s Journey Into Night au Centaur Theatre et Les nonnes au théâtre La Marjolaine. Il fait ses débuts à la compagnie.

Norma,tragédie lyrique en deux actes et quatre tableaux de Vincenzo Bellini (1801-1835)
Livret italien de Felice Romani, d’après la tragédie d’Alexandre Soumet Norma ou l’infanticide.
Chanté en italien avec surtitres français et anglais.
Créé à Milan au Théâtre de la Scala, le 26 décembre 1831.
Dernière présentation à l’Opéra de Montréal : octobre 1982.

La répétition générale du 15 septembre est ouverte gratuitement aux étudiants de 25 ans et moins. Réservation : 514-985-2258

Première à l’Opéra de Montréal

À la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts
Billets à l’unité à partir de 43 $;
Abonnements à partir de 125 $
Billetterie de la PdA (514) 842-2112 – Billetterie de l’OdM (514) 985-2258
ou via Internet : www.operademontreal.com

Les enfants de 17 ans et moins
Les abonnés à 3, 4 et 5 opéras bénéficient de 60% de rabais sur l’achat de billets pour les enfants qui les accompagnent à l’une ou l’autre des représentations.

Abonnement pour les 18-30 ans
L’Opéra de Montréal offre aux jeunes de 18 à 30 ans la possibilité de s’abonner en bénéficiant de rabais importants allant jusqu’à 60% : 35 $ le premier opéra et 25 $ les suivants, pour des billets situés au parterre.

Pour en savoir davantage ou pour recevoir la brochure de la saison 2005-2006, composez le (514) 985-2258 ou visitez notre site au www.operademontreal.com — Le public peut écouter en tout temps des extraits des oeuvres à l’affiche en composant le (514) 282-OPERA.