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À compter du 24 janvier 2012

Photo Angelo Barsetti + Design Studio T-Bone
L’Opéra de quat’sous

TEXTE: BERTOLT BRECHT
MUSIQUE: KURT WEILL
TRADUCTION: JEAN MARC DALPÉ
DIRECTION MUSICALE: BERNARD FALAISE
MISE EN SCÈNE: BRIGITTE HAENTJENS
Une création de Productions Sibyllines

ALORS DE QUOI VIT L’HOMME!? DU PROFIT QU’IL FAIT
EN DÉPOUILLANT, VOLANT, COGNANT, TUANT SON PROCHAIN.
L’HOMME VIT DE SA VIOLENCE SANS HONTE NI REGRET
EN OUBLIANT CE QUI LE REND HUMAIN.

«Deuxième finale de quat’sous »

Racaille, dit-on, aurait été le premier titre donné à L’Opéra de quat’sous.

Le mot sonne incroyablement juste à la vue de cette masse proliférante de fripouilles et de malfrats qui s’agite dans la célèbre pièce de Bertolt Brecht. Du nombre se détachent pourtant les personnages de Mackie et de Peachum, pour aussitôt les poser en figures exemplaires. La critique
n’en est que plus cinglante! Car derrière l’étiquette d’hommes d’affaires que l’un et l’autre s’attribuent, ça magouille, ça trafficote.

D’un côté, Jonathan Jeremiah Peachum exploite avec succès la misère et la pitié humaines; de l’autre, Mackie-le-Couteau fait du vol, du viol et du meurtre un système lucratif. Polly, la fille de Peachum, fera éclater le conflit entre les deux hommes. Lorsqu’elle épouse Mackie en douce, son père jure d’avoir la tête de ce bandit habitué des bordels – moins par pudeur, précisons-le, que pour l’empêcher de mettre le nez dans ses affaires. La rivalité tourne dès lors en guerre à finir, laissant peu à peu apparaître une société vérolée. La duplicité, l’appât du gain, les menaces, les trahisons, les tentatives de corruption s’y repèrent partout, à tous
les étages.

Oui, «le monde est laid, l’homme est odieux», comme on le chante dans L’Opéra de quat’sous. Sous les airs pleins d’entrain de ce théâtre musical d’un genre nouveau, Brecht dresse un portrait sombre et grinçant de la nature humaine. Cruelle et féroce, elle montre les dents, et d’une façon presque carnassière. Car au-delà de la folie de l’argent dont parle l’auteur, il nous confronte à l’envie et au désir de pouvoir, capables de réveiller les plus bas instincts chez tout individu. Petits et grands se voient ainsi
renvoyés dos à dos, soumis aux mêmes dérèglements furieux de la chair.

Créée à Berlin en 1928, à l’aube de la prise de pouvoir par Hitler, cette oeuvre de Brecht et de Weill demeure étonnamment vivante. Et c’est aujourd’hui qu’elle croise enfin le parcours de Brigitte Haentjens. La rencontre était certes espérée, attendue. Après Georg Büchner et
Heiner Müller, la metteure en scène s’est frayé un chemin jusqu’à Brecht, autre auteur allemand important de la modernité. Un choix, une nécessité, pour qui éprouve une irrésistible attraction à l’égard des écritures subversives, les quelques rares parvenant à nous bousculer dans
leur façon de présenter et d’interroger le réel.

NOUVEAUX ANCRAGES

Brigitte Haentjens a souhaité revisiter L’Opéra de quat’sous – proche en cela de Brecht lui-même, qui s’est approprié avec audace l’oeuvre de l’Anglais John Gay. La metteure en scène en a d’abord con »é la direction musicale
à Bernard Falaise ; et pour signer une nouvelle traduction, elle a fait appel à un complice de longue date, l’écrivain, poète et dramaturge Jean Marc Dalpé. Sous sa griffe, la langue devait retrouver sa truculence et sa férocité. Juste ce qu’il faut de tranchant.

Bien affûté, avec au surplus un rythme et une vivacité propres, le dire résonne ici depuis le Québec de l’entre-deux-guerres. Parce que Brigitte Haentjens et Jean Marc Dalpé ont voulu rapprocher de nous la pièce, tout en la maintenant à bonne distance, l’action déserte les bas-fonds londoniens pour se transplanter dans le Montréal de 1939.

S’annoncent alors Georges VI et son épouse pour une visite royale. Et tout autour, dans les rues de la ville, de Verdun au Faubourg à mélasse, l’agitation est palpable. Ça grouille de monde, d’activité.

Sur scène l’ambiance risque d’être tout aussi survoltée!: avec 23 acteurs et musiciens animés d’une énergie délinquante, et un rien crâneuse.

Pour chauffer les planches, débrider les conventions, ébrécher la représentation, Brigitte Haentjens a rassemblé une joyeuse bande où les nouvelles têtes se mêlent aux fidèles complices de Sibyllines. Sébastien Ricard, Marc Béland, Céline Bonnier coudoient ainsi Jacques Girard,
Kathleen Fortin, Eve Gadouas, Maxim Gaudette, rejoints par tout un cortège d’interprètes. Il faut les entendre mordre dans cette fable acerbe, chanter avec fougue les affres de la vie et de l’amour. En un mot! : le charme est ravageur.

AVEC :
Sébastien Ricard, Eve Gadouas, Jacques Girard,
Kathleen Fortin, Marc Béland, Céline Bonnier,
Ève Pressault, Pierre-Luc Brillant, Xenia Chernyshova, Larissa Corriveau, Jean Derome,
Francis Ducharme, Bernard Falaise, Maxim Gaudette,
Alexandre Grogg, Sharon James, Émilie Laforest,
Nicolas Letarte, Marika Lhoumeau, Nicolas Michon,
Frédéric Millaire Zouvi, Iannicko N’Doua, Mani Soleymanlou

ÉQUIPE DE CRÉATION:
Dominique Cuerrier, Florent Siaud,
Anick La Bissonnière, Yso, Bernard Falaise, Guy Simard, Angelo Barsetti, Frédéric Auger, Julie Measroch,
Jean-François Landry, Sébastien Béland

Une création de Productions Sibyllines
L’Opéra de quat’sous est présenté
À compter du 24 janvier 2012

À l’Usine C
1345, avenue Lalonde
(Métro Beaudry)

TARIF PRÉFÉRENTIEL POUR LA PREMIÈRE
SEMAINE DE REPRÉSENTATIONS
BILLETTERIE!:: 514 521.4493

Source : www.sibyllines.com

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