Art et culture
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Du 16 au 25 septembre 2005, à 15 h et à 21 h

André Gladu, ONF (2005) 85 min., s.-t. fr.
Recherche, scénarisation et réalisation : André Gladu
Assisté de : Sylvie Lapointe et Doris Lapierre
Image : Alex Marginéanu
Prise de son : Marcel Fraser
Images du Mardi gras : Philippe Lavalette
Prise de son du Mardi gras : Marie-France Delagrave
Montage image : France Pilon
Montage son : Martin Allard
Production : Colette Loumède


La culture créole de Louisiane a contribué à forger le Nouveau Monde et a participé à l’émergence du jazz. Où en est aujourd’hui cette culture unique, née du métissage entre Noirs et Blancs, entre Amérindiens, Français, Africains, Antillais, Espagnols et Américains? Marron fouille les racines et dresse l’état des lieux d’une culture méconnue, aujourd’hui menacée d’extinction. Avec ce second volet de la série La piste d’Amérique, laquelle retrace l’empreinte des peuples francophones sur le continent nord-américain, André Gladu signe un vibrant carnet de voyage cinématographique, où le passé met en lumière le présent.

À travers la collectivité créole, qui compte environ 250 000 personnes aux Etats-Unis, le documentariste rend aussi hommage aux Marrons, ces esclaves fugitifs qui lui ont légué leur esprit de résistance. Incarnation d’une absolue soif de liberté, les Marrons organisèrent les premières grandes révoltes d’esclaves américains au début du 19e siècle, Créoles en tête.

Nourri par de remarquables documents iconographiques, le film jette un pont entre cette histoire douloureuse et les traces de l’héritage marron et créole en Louisiane. Marron témoigne de la survivance de cet esprit de résistance à travers le rite carnavalesque du Mardi gras, une tradition héritée des premiers colons français et toujours célébrée, entre autres, dans la localité rurale créole de Soileau. Le film montre les inspirants efforts de certains éducateurs pour transmettre aux jeunes une culture et une langue dépréciées, proscrite pour des générations d’écoliers. Une réappropriation culturelle qui passe par le chant et la danse.

Marron est littéralement porté par la musique, devenue l’expression par excellence de cette culture minoritaire à laquelle interdits et discrimination raciale n’ont rien laissé d’autre. Dans le souffle des musiciens s’entendent tout l’âme et l’Histoire du peuple créole, sa détresse et sa joie, sa douleur et son courage. Le documentaire remonte à la source de ces musiques auxquelles les Créoles ont puissamment contribué : blues, gospel, jazz et de la musique zarico (zydeco), où se perpétue l’esprit de liberté des Marrons. Fascinant pèlerinage dans la culture créole, Marron met en lumière la richesse d’une collectivité qui a su transformer ses luttes en musique.

Qu’ajouter à un tel descriptif? Le film est émouvant et la musique si présente nous réjouit. André Gladu nous fait mieux comprendre la Louisiane, tant sa négritude que sa francité. Et les difficultés qu’elles évoquent ne sont pas si loin des nôtres.

À voir absolument, surtout dans le sillage de Katrina!

Au Cinéma Parallèle (Ex-Centris)
3536 rue Saint-Laurent

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