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Une collaboration spéciale de Guy Lussier, un ami de longue date.

Michel Rivard – Confiance

Tout le gratin de la critique montréalaise était là. Au moment où j’écris ces lignes, heureusement, je n’ai pas encore eu le temps de voir ce qu’ils en disent. Je verrai après, c’est plus sain. Honnêtement non, j’ai attrapé Robert Frosy à la radio. Mais dans son cas, ça ne compte pas vraiment.

En fait si, c’est lui qui m’a fait remarquer qu’il s’était écoulé huit ans depuis la parution de son dernier ouvrage majeur. Huit ans sous le signe du Maudit Bonheur. Dieu que ça a passé vite et ça n’a toujours pas pris une seule ride. Je crois que cette nouvelle ère teintée de Confiance sera aussi bonne, sinon meilleure.

Je parle bien sûr, de la première au Spectrum de Michel Rivard. Ce spectacle suit le lancement de son dernier album, Confiance. Tiens, bien que je ne veuille pas colorer mon propos à la lumière de ce qu’en disent les autres, je peux aller voir ce que j’en disais l’année dernière lors d’un spectacle au même endroit. J’en avais envoyé le compte rendu à des amis par courriel.

À ce moment, il nous avait levé un coin du voile en nous présentant six chansons de son album à paraître. Voici ce que j’ai retrouvé:

« Puis, il a joué 6 chansons de son prochain album. Que dire… Du Rivard, du bon Rivard, du très grand Rivard. Il ne plafonne pas, s’il y a une chose, il mature toujours et encore avec bonheur. Ça sera un album, de mon avis et de celui de Danielle, à acheter (et à écouter, bien sûr), les deux yeux fermés. »

Ça s’est confirmé, le reste de l’album est tout aussi intéressant que je l’avais prévu. Mais, c’est d’un spectacle dont je veux vous parler, pas d’un disque.

Le Flybin Band, les mêmes fidèles compères de cet illusionniste que l’année dernière, était là tout d’un bloc. En fait, ils étaient plus que là. Ils ont grossi. Mario Légaré avait une contrebasse acoustique en plus de ses autres basses et Ti-Bass avait apporté tout un arsenal de claviers « victoriens » (grosse Hammond B-3 et compagnie). Ça, c’était un signe précurseur.

Quand on veut que ça sonne comme la vraie affaire, je l’ai toujours dit, il n’y a que la vraie affaire qui puisse faire l’affaire. Et pour sonner, ils ont sonné.

Je ne sais pas si c’est le trac ou autre chose, mais ils sont arrivés le couteau entre les dents. Pour les avoir vus il y a un an, je dirais qu’ils étaient encore plus « tight » et plus dynamiques. Par bouts, ça faisait presque peur. Ça marchait ensemble cette patente-là et quand ça punchait, ça punchait droit et fort. Sylvain Clavette y voyait avec une batterie très assurée.

Du beau Rivard à entendre, vous savez de quoi je parle? Mais avec une indéniable dimension physique qui venait en rajouter une couche supplémentaire.

Il a beaucoup parlé. Il a longuement et de façon fort adroite présenté plusieurs chansons. C’était lui, avec l’humour qu’on lui connaît. Mais s’il a tellement parlé, j’ai l’impression que c’était pour se reposer, physiquement autant que mentalement. J’y reviens toujours, vous auriez dû voir toute l’énergie qu’ils mettaient dans chaque interprétation; c’est de la dépense ça.

En fait, l’équilibre atteint s’approchait de la perfection. Monologues, chansons anciennes et nouvelles, dures et douces, tristes ou gaies, se sont mélangés sans le moindre heurt. Et, à moins que ma mémoire ne me fasse défaut, il a pris autant, sinon plus de solos de guitare que Rick Haworth, ce qui n’avait pas été le cas l’an dernier. Probablement parce que Confiance est plus intime, moins collectif que ne l’avait été Maudit Bonheur.

Comme premier rappel, une redite, exactement la même chose que l’an passé. Le Retour de Don Quichotte, seul sous le projecteur de poursuite, accompagné au piano par Jean-Sébastien Fournier. Une redite certes, mais une redite que je reverrais encore cent fois avec autant d’émotion. Quel merveilleux chanteur, si ça n’était que ça…

Je ne parlerai pas des éclairages ni de la sono parce que d’un endroit à l’autre ça peut changer, bien que pour nous ça ait été impeccable. Mais où qu’il se produise, ne le manquez surtout pas, allez le voir, ça vaut la peine.

Confiance sur scène, c’est deux heures de maudit beau bonheur.

Guy

0 Au secours, 1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément