Art et culture
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Mercredi soir, rue Mont-Royal. Un itinérant, que la mauvaise température n’a pas chassé du trottoir, déclame un monologue avec tant d’esprit que je reste là à l’écouter. Il raconte la vie à sa manière. Ses mots témoignent de son esprit lucide et clair.

Ses paroles coulent et bercent l’oreille. Il enfile les mots comme des perles et les images qu’il crée sont puissantes et merveilleuses. Mon imagination le suit là où il m’emmène.

Il joue du mot comme d’autres d’un instrument de musique, en associant parfois les contraires pour mieux démontrer le ridicule d’une situation. Il accole les mots comme le musicien les notes sur son instrument. L’harmonie est au rendez-vous.

Je suis fascinée par ce personnage qui parle comme Sol et récite à tout venant ses bijoux de poèmes surréalistes. Je l’écoute subjuguée. La neige tombe doucement sur nous. Un couple passe, et cet artiste de coin de rue leur décline, en anglais cette fois, un poème tout aussi bien tourné.

Il arrive parfois que les anges se fassent quidam et nous servent un moment de bonheur dans la ville qui commence à s’endormir.