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Natasha Bakht
danse

Triptych Self
Loha
White Space
Obiter Dictum

Spectacle donné dans le cadre de la saison 10e anniversaire de Danse Danse les 6, 7, 8 décembre au Centre Pierre-Péladeau.

Natasha Bakht est une danseuse et chorégraphe indienne de danse contemporaine. Pendant plus de 20 ans, elle étudié le bharata natyam sous la houlette de Menaka Thakkar, qu’elle a suivie en tournée à l’étranger. Elle a ensuite dansé pendant trois saisons avec la Shobana Jeyasigh Dance Company de Londres, célèbre pour son travail novateur en danse contemporaine indienne. Elle a également travaillé avec les chorégraphes Yvonne Coutts, Joan Phillips, Wayne McGregor et Robert Desrosiers dont elle a interprété les œuvres dans divers festivals, en particulier plusieurs festivals Kalanidhi et le Festival Danse Canada. Natasha a créé deux chorégraphies en collaboration avec le Montréalais Roger Sinha. Elle a par ailleurs chorégraphié une pièce de groupe, Riaz pour la Menaka Thakkar Dance Company ainsi que quatre solos pour elle-même, intitulés Dance if You Must, Appropriating Edges, Obiter Dictum et White Space. Obiter Dictum a été sélectionné en 2003 pour le Prix Dora Mavor Moore décerné à une nouvelle chorégraphie remarquable. The Dance Current la compare à un « diamant étincelant » et le Vancouver Sun la considère comme « l’élégance et la précision incarnées ».

Natasha Bakht est mince comme un fil, sa peau d’une belle couleur chaude et ses cheveux courts, noirs comme du jais.

Le premier ballet Triptych Self est dansé sur une musique monochrome où les mots ni san yon go et lok nana ach kiou douit dini itch sont répétés et entremêlés à l’infini. Natasha porte un bustier et un pantalon de couleur grège. Ses mouvements sont sinueux et ses gestes juste assez saccadés pour marquer le rythme.

Le ballet Lola est dansé sur une musique au rythme beaucoup plus lent, à sonorité plus indienne. Natasha est vêtue d’une robe noire à jupe longue transparente. Ses mouvements sont amples et allongés. Bien que seule en scène, l’espace est utilisé au maximum. Elle bouge avec souplesse et aisance sur toute la surface disponible. Des ombres projetées en fond de scène servent de décor à ce numéro.

Le rideau se lève sur deux paravents blancs placés à angle. White Space s’ouvre sur l’ombre de Natasha Bakht derrière les paravents. L’éclairage amplifie sa silhouette, la rendant plus grande que nature. Ce jeu d’ombre et de lumière est captivant. Lorsqu’elle passe de ce côté-ci des paravents, on la découvre vêtue d’un corsage blanc, jupe semblable à un tutu, mais faite de boudins qui bougent beaucoup, comme le plumage d’un oiseau dans le vent. Tout le ballet m’a fait voir la danse nuptiale d’un grand oiseau blanc.

Pour le dernier numéro, Obiter Dictum, elle est vêtue d’un corsage rouge et d’un pantalon transparent, rouge également.

Les mouvements de Natasha Bakht sont d’une rare élégance. Ses bras et ses mains sont si expressifs qu’elle pourrait à eux seuls en faire un ballet. J’ai aperçu à plusieurs reprises Durga, la déesse hindoue aux multiples bras, en la voyant évoluer. Les pas où elle frappe du talon ou claque ses pieds sur le sol me semblaient aussi très indien dans l’expression.

Une très belle soirée de danse bien différente de tout ce que j’ai vu jusqu’à maintenant.

0 Au secours, 1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément