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ATELIER LYRIQUE
DE DE L’OPÉRA DE MONTRÉAL
25 ANS DE RELÈVE NATIONALE

Les 6, 8, 10, 11 mars 2010 à 20 h
et 13 mars 2010 à 14 h


NELLIGAN
Musique: André Gagnon
Livret: Michel Tremblay
Mise en scène: Normand Chouinard

Nelligan vieux : Marc Hervieux, ténor
Nelligan jeune : Dominique Côté, baryton
Émilie Nelligan : Caroline Bleau, soprano
David Nelligan : Stephen Hegedus, baryton-basse
Eva : Lara Ciekiewicz, soprano
Gertrude : Suzanne Rigden, soprano
Arthur de Bussières : Roy Del Valle, baryton-basse
Charles Gill : Aaron Ferguson, ténor
Françoise : Catherine Daniel, mezzo-soprano
Le père Seers : Pierre Rancourt, baryton

CRITIQUE

L’opéra ouvre sur un Émile Nelligan âgé. Il réside à Saint-Jean-de-Dieu où il aide les nonnes, de blanc vêtues, à placer des couvertures sur les lits de fer.

Les changements de décor sont intéressants. Les lits du dortoir disparaissent. Un seul lit reste en scène et devient la plage de Cacouna. Le mur du fond s’entrouve et laisse apparaître une croix lumineuse, nous sommes dans une église. Seul mobilier d’une chambre d’artiste , une paillasse à même le sol, montre bien le dénuement dans lequel vit Arthur de Bussières, l’ami d’Émile. Un seul fauteuil sur scène et nous voilà à la maison des Nelligan. La mise en scène est excellente et on suit facilement l’intrigue. Les costumes nous situent parfaitement dans les années 20.

L’action se déroule presque toujours en présence d’Émile Nelligan vieux. Il est là en arrière-plan et regarde sa vie se dérouler. Marc Hervieux joue un rôle de composition extraordinaire. Lui, d’habitude si plein d’énergie, est totalement éteint et gris. Il a le dos voûté, le pas lourd et la démarche incertaine. Il réussit même à chanter avec beaucoup de retenue un Nelligan usé.

Dominique Côté a chanté avec justesse la passion du jeune poète. Caroline Bleau transmettait les inquiétudes d’Émilie Nelligan, la mère d’Émile tandis que Stephen Hegedus rendait parfaitement le rôle de son père. Roy Del Valle et Charles Gill respiraient la bohème d’Arthur Bussières et de Charles Gill, les amis d’Émile. Catherine Daniel a superbement chanté l’amitié que Françoise portait à Émile. Quant à Lara Ciekiewicz et Suzanne Rigden, leurs voix avaient la fraîcheur de l’enfance des sœurs d’Émile.

Michel Tremblay a réussi un beau mélange de français et d’anglais dans les échanges entre Nelligan père et Émilie Hudon, sa femme, de même qu’avec son fils Émile, nous rendant les personnages d’autant plus crédibles.

On reconnaît la musique d’André Gagnon. Jouée sur deux pianos, elle domine parfois trop les échanges chantés. Des accords de violoncelle soulignent efficacement certains moments plus intenses du drame. J’aurais aimé l’entendre plus souvent.

0 Au secours, 1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément

Salle Ludger-Duvernay
Monument National
1182, boul. Saint-Laurent
Montréal

Durée approximative : 2h45 (avec 1 entracte)