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Jusqu’au 26 mars 2016

Crédit photo: Caroline Laberge
RACE

Texte de David Mamet
Mise en scène de Martine Beaulne
Traduction de Maryse Warda

Benoît Gouin ( Jack Lawson)
Frédéric Pierre (Henry Brown)
Henri Chassé (Charles Strickland)
Myriam De Verger (Susan)

Décor Richard Lacroix, Costumes Daniel Fortin
Éclairages Guy Simard, Musique Ludovic Bonnier,
Accessoires Normand Blais
Assistance à la mise en scène Guillaume Cyr

RÉSUMÉ

Un homme d’affaires, blanc et fortuné, est accusé d’avoir violé une jeune femme noire dans une chambre d’hôtel new-yorkaise. Deux avocats, un Noir et un Blanc, ainsi que leur assistante de race noire, doivent décider s’ils représenteront ou non cet homme. Leurs échanges soulèvent de très délicates questions, jetant un regard brutal sur l’Amérique, ses conflits raciaux et leurs implications dans les rapports individuels et juridiques.

Voilà un autre brillant suspense de l’Américain David Mamet dont l’intrigue semble faire écho à l’affaire DSK. Pure coïncidence puisque Race triomphait à Broadway en 2009. Et encore plus que de discrimination et de justice, il est question ici de mensonges.

CRITIQUE

Un homme d’affaires blanc est accusé d’avoir violé une jeune femme noire dans un hôtel cossu. Les deux associés, Jack Lawson et Henry Brown, savent très bien qu’il a choisi leur cabinet à cause de leurs couleurs en pensant qu’ils peuvent, mieux qu’un Juif, l’aider à se tirer d’affaire. Lawson et Brown imaginent la meilleure stratégie pour faire innocenter leur client, soulevant, dans leurs discussions, de nombreuses questions sur les différences raciales et implicitement les classes sociales.

Le racisme est évoqué dans tous les dialogues, que ce soit entre Lawson et Brown, capables d’en parler ouvertement sans trop d’animosité, et avec moins de succès avec Susan, la stagiaire noire. La pièce est brillamment écrite et chapeau à chacun des interprètes qui jouent leurs rôles avec l’intensité nécessaire. On croit vraiment aux personnages qu’ils incarnent.

En Amérique, on associe automatiquement le mot racisme aux préjugés qu’entretiennent les Blancs envers les Noirs. Les dialogues de David Mamet nous amènent à constater que les Blancs n’en détiennent pas le monopole et que les préjugés ne circulent pas en sens unique. Si on s’imagine à priori qu’un jour on pourra vivre dans des sociétés totalement égalitaires, après avoir vu la pièce, on se permet d’en douter.

½

0 Au secours, 1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément

Au Théâtre Jean-Duceppe de la Place des Arts

Billets: www.duceppe.com
ou billetterie de la Place des Arts 514-842-2112 ou 1-866-842-2112 ou www.laplacedesarts.com