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SOUS LE SIGNE DE L’EXCELLENCE

ET DE LA RELÈVE CANADIENNE

RIGOLETTO

de Giuseppe Verdi

Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts

les 15, 18, 20 et 22 septembre 2018 à 19h30

Pour ouvrir sa 39e saison, l’Opéra de Montréal présente Rigoletto, de Giuseppe Verdi. Une distribution qui rassemble chanteurs canadiens exceptionnels et étoiles du monde de l’opéra, une œuvre classique qui explore les thèmes – ô combien d’actualité! – de l’abus de pouvoir et de la mainmise d’un homme sur le destin d’une jeune femme… Rigoletto fera vivre l’expérience ultime de l’opéra italien aux Montréalais !

Cette production charmera musicalement et vocalement tous les publics, néophytes comme opéraphiles qui (re)découvriront les célèbres airs « La donna è mobile » et « Caro nome ». Du Verdi dont la musique entraîne inexorablement le public dans le drame avec son motif de la malédiction et ses sons lugubres comme ceux de la tempête chantés par les chœurs glaçant le sang de ceux qui voient Gilda courir à sa mort.

« Rigoletto est le premier grand chef-d’œuvre de Verdi où la musique s’intègre parfaitement à l’action dramatique. Les mélodies toutes plus touchantes les unes que les autres et l’orchestration puissante de l’œuvre soulignent l’exceptionnelle habileté théâtrale de Verdi. Amour filial, malédiction, inégalités et tensions sociales, thèmes si chers au compositeur sont exprimés avec une sublime éloquence. La distribution confirme l’excellence du talent lyrique canadien en Myriam Leblanc (Gilda) et James Westman (Rigoletto) qui feront leurs débuts dans leurs rôles respectifs. Nous découvrirons de plus le merveilleux ténor Rame Lahaj (Duc de Mantoue) et le chef Carlo Montanaro à la proue de l’Orchestre Métropolitain. » de dire Michel Beaulac, directeur artistique de l’Opéra de Montréal.

Distribution

Reconnu par les critiques pour sa « voix imposante » et sa présence scénique remarquable (Kevin Wells, Bachtrack 2017 et Ed Tapper, BostonEdge Network 2017), le baryton canadien spécialisé dans les rôles verdiens et pucciniens James Westman est le choix idéal pour incarner Rigoletto, ce personnage loué par Verdi comme étant « difforme et ridicule à l’extérieur, mais passionné et plein d’amour à l’intérieur » (Lettre à Marzari, 14 décembre 1850). À ses côtés, la soprano canadienne et ancienne membre de l’Atelier lyrique Myriam Leblanc incarne sa fille Gilda. Admirée pour sa voix « d’une beauté rare » (Caroline Rodgers, La Presse 2016), son chant « d’une finesse aérienne » et sa capacité d’exprimer « diverses émotions » (Jeanne Hourez, Sors-tu? 2018), elle saura révéler toutes les facettes de cette jeune fille dérobée de son innocence. Pour compléter ce duo d’interprètes de haut calibre, le ténor kosovar Rame Lahaj, lauréat du Concours Operalia Placido Domingo, incarnera ce libertin sans scrupules qu’est le duc de Mantoue, un des rôles ayant lancé sa carrière internationale. Dans les rôles sombres du tueur à gages Sparafucile et de sa sœur Maddalena nous trouvons le baryton-basse canadien Vartan Gabrielian et la mezzo-soprano montréalaise Carolyn Sproule, revenant sur la scène de sa ville native après avoir chanté plusieurs fois au Metropolitan Opera de New York.

Aux côtés de cette distribution exceptionnelle, les membres de l’Atelier lyrique interprètent les rôles secondaires dans cette mise en scène de Michael Cavanagh, célébré en Amérique du Nord à la fois pour ses brillantes mises en scène et pour son excellent travail de pédagogue auprès des jeunes artistes : Max van Wyck (Marullo), Sebastian Haboczki (Serviteur), Scott Brooks (Monterone), Rose Naggar-Tremblay (Giovanna), Rocco Rupolo (Borsa), Elizabeth Polese (Comtesse Ceprano), Brenden Friesen (Comte Ceprano) et Andrea Núñez (Page).

Le chef italien de renommée internationale Carlo Montanaro dirige l’Orchestre Métropolitain et le Chœur de l’Opéra de Montréal (préparé par Claude Webster). La scénographie est de Robert Dahlstrom.

L’histoire : La malédiction d’un père affligé

Inspiré du drame Le roi s’amuse de Victor Hugo, Rigoletto met en scène un bouffon à la cour du duc de Mantoue, un prédateur sexuel que ce bouffon doit défendre tout en essayant désespérément d’en protéger sa propre fille, la gardant enfermée à la maison. Malheureusement, ses railleries et humiliations en défense du duc contre Monterone, dont le duc a déshonoré la fille, lui valent une terrible malédiction de la part du père affligé; une malédiction dont il ne pourra pas s’échapper…

L’œuvre : De Triboulet à Rigoletto, un chemin difficile

En 1848-1849, une série de révolutions, parfois appelée le « Printemps des peuples », a secoué l’Europe. En Italie, ces révoltes avaient pris de fortes teintes nationalistes, et visaient, entre autres, à unifier le pays et à libérer la péninsule de la domination autrichienne. Bien que ces révoltes aient été assez vite écrasées et contrôlées, ces années sont considérées comme une étape fondamentale du Risorgimento, mouvement ayant mené à l’unification de l’Italie en 1861 et qui, lors de l’unification, utiliserait le nom de Verdi comme emblème. Est-ce une coïncidence que peu après ces révolutions, le 7 septembre 1849, Verdi révèle pour la première fois son intérêt pour la pièce de Victor Hugo Le roi s’amuse? En effet, la pièce de Hugo, une critique de la noblesse et de la monarchie présentant une cour où règne la débauche, était considérée hautement subversive et avait été interdite après une seule représentation. Verdi était fasciné par le sujet de la pièce et surtout par le personnage de Triboulet [Rigoletto] qu’il considérait « digne de Shakespeare » (Lettre à Piave, 8 mai 1850). Puisqu’il devait composer un opéra pour le Teatro La Fenice de Venise, il mandata son librettiste, Francesco Maria Piave, de « mettre Venise sens dessus dessous pour faire que la censure permette ce sujet » (8 mai 1850), ce qui était tout un défi, car après l’expérience de 1848-1849 le pouvoir autrichien était encore plus sur ces gardes, renforçant d’autant plus la censure. Heureusement pour nous, Piave avait dit à Verdi qu’il s’en était occupé, leur permettant ainsi de commencer le travail. Par contre, en novembre 1850 ils apprirent que la pièce était interdite. Furieux contre son librettiste, Verdi refusait les compromis qui lui étaient demandés : il ne pouvait pas enlever la malédiction, cruciale au drame, ni ne pouvait-il rendre le duc un personnage inoffensif (Verdi écrit « le duc doit absolument être un libertin! »), Triboulet [Rigoletto] devait être déformé et le corps de Gilda devait être transporté dans un sac à la fin, sinon le drame en serait perdu (« Qu’importait-il à la police du sac! »). Enfin, après avoir accepté de transformer la figure du roi en duc de Mantoue et de changer les noms des autres personnages, ils arrivèrent au compromis qui est l’opéra tel que nous le connaissons aujourd’hui. Malgré ces péripéties, Rigoletto a connu un succès fulgurant dès ses débuts, ayant été représenté dans 250 maisons d’opéra à travers le monde dans les dix ans suivant sa création, le 11 mars 1851.

La musique de Rigoletto reflète la passion que Verdi avait pour son sujet. Dans cette œuvre, considérée par les musicologues (avec Il trovatore et La traviata) comme le début d’une nouvelle période compositionnelle pour Verdi, ce dernier raffine la caractérisation musicale des personnages et brise de nombreuses conventions de l’opéra italien à des fins dramatiques : l’action peut interrompre un duo (comme c’est le cas pour le duo de Rigoletto et Gilda, où Rigoletto s’arrête pendant la reprise pour investiguer un bruit), ou un air peut prendre une fonction dramatique (comme « La donna è mobile », qui sert à révéler à Rigoletto que ce n’est pas le duc qui se trouve dans le sac qu’il porte). L’énergie de la partition et son rythme soutenu emportent l’auditeur vers l’inexorable accomplissement de la malédiction de Monterone, dans cet opéra que Verdi appelait, en 1855, « son meilleur » (Lettre à Cesare De Sanctis, 20 janvier 1855). Le succès continu de cet opéra sur les scènes mondiales démontre qu’il avait raison.

Opéra : Rigoletto de Giuseppe Verdi

Genre : Mélodrame

Structure : 3 actes

Langue : en italien avec surtitres français et anglais

Livret : Francesco Maria Piave (d’après Le roi s’amuse de Victor Hugo)

Création : Venise, Teatro La Fenice, le 11 mars 1851

Sénographie : Robert Dahlstrom

Production : Seattle Opera Scenic Studios

Costumes : Opéra de Montréal

Dernière présentation à l’Opéra de Montréal : Septembre 2010

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 activités autour de la production

PARLONS OPÉRA – GRATUIT

L’Opéra de Montréal sort de ses murs pour vous parler opéra. Parlons opéra! est une série d’initiation aux opéras de la saison. En compagnie du musicologue Pierre Vachon (Ph.D.), d’un pianiste et de chanteurs, une plongée au cœur de chaque opéra en 90 minutes (incluant une pause café) : histoire, musiques, voix, contexte culturel, compositeur, style…

 En français :

  • Dimanche 9 septembre à 14h – Auditorium de la Grande bibliothèque
  • Mercredi 12 septembre à 19h30 – Maison de la culture Frontenac
  • Jeudi 13 septembre à 19h – Cégep de Saint-Laurent

En anglais :

  • Dimanche 26 août à 15h – Église St-Andrew et St-Paul
  • Dimanche 9 septembre à 10h30 – Victoria Hall

Opéra de Montréal | Saison 2018-2019 – 39e saison

Tous les opéras sont présentés en langue originelle, avec surtitres bilingues projetés au-dessus de la scène.

Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts (PDA)

verdi – Rigoletto | 15, 18, 20, 22 septembre 2018 à 19 h 30

wagner – Das Rheingold | 10, 13, 15, 17 novembre 2018 à 19 h 30

terence blanchard et michael cristofer – Champion | 26, 29, 31 janvier, 2 février 2019 à 19 h 30

BIZET – Carmen | 4, 7, 9, 11, 13 mai 2019 à 19 h 30

festival du monde arabe – salle pollack, université mcgill

L’opéra au festival du monde arabe

Avec joyce el-khoury | 1er novembre 2018

théâtre centaur

GORDON & VAVREK – Twenty-Seven | 23, 24, 26, 28, 30, 31 mars 2019

L’Opéra de Montréal

Fondé en 1980 et basé à Montréal, l’Opéra de Montréal est la plus importante maison lyrique francophone en Amérique du Nord. Chaque saison, près de 50 000 spectateurs franchissent ses portes. Dirigé par son directeur général Patrick Corrigan et son directeur artistique, Michel Beaulac, sa saison comprend quatre à cinq opéras, des activités/concerts de l’Atelier lyrique et des activités de démocratisation. L’Opéra est un acteur de premier plan dans le développement économique, culturel et social puisque, chaque saison, il entretient des relations avec plus de 360 entreprises d’ici et embauche pas moins de 800 artistes et artisans. Près de 80 % des artistes qui s’y produisent sont Canadiens.