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SisterS

PAR LES 7 DOIGTS

UN MOT DE MIRIAM ET AYIN DE SELA

Artistes de cirque depuis plus de 20 ans, il nous est venu l’envie de créer ensemble. Nous nous sommes laissées porter par ce désir et avons étudié notre relation de sœurs. Cela nous a naturellement mené à Lhasa, notre chère sœur disparue. L’influence de notre famille est très forte. Dans l’ordre naturel des choses, les photographies profondes et mystérieuses de notre mère, Alexandra Karam, sont devenues une source d’inspiration. Nous avons demandé à notre amie d’enfance Gypsy Snider, la femme qui nous a fait découvrir le cirque, de nous accompagner dans la création et la direction de ce spectacle. Avec le profond désir d’intégrer la musique de Lhasa comme toile de fond pour la narration du spectacle, il nous semblait fondamental d’inviter l’une de ses amies, compositrice et musicienne à être au cœur de la création. Sarah Pagé est ainsi devenue la narratrice musicale de notre fable. Dans toute création il y a de bonnes surprises… William Underwood a apporté sa touche de physicalité et une tension théâtrale à notre histoire. À travers notre présence, la musique, le cirque, les odeurs et l’image, nous aimerions partager notre voyage de femmes, de sœurs, et d’artistes. Nous sommes privilégiées et honorées de présenter SisterS pour la première fois à Montréal, au sein de cet extraordinaire festival.

CRITIQUE

En avant-plan, un voile blanc à travers lequel on voit l’ombre d’une harpe et de la musicienne. Une femme traverse la scène et, à sa longue traîne blanche et vaporeuse, on sait qu’on voit passer le fantôme de la sœur Lhasa. Un autre voile suspendu du plafond représente l’œuf qui contient les deux sœurs interprètes du spectacle, Ayin et Myriam de Sela. C’est à leur naissance qu’on assiste. Elles se découvrent dans leurs nouveaux corps, tout en se connaissant intimement. On voit leur transformation, leur rivalité face au mâle, leur désir de dominer, de porter la couronne d’or et de siéger sur le trône qui leur semble accessible à toutes deux.

Elles portent des robes longues, l’une plus précieuse, l’autre ayant davantage des allures de gitane. C’est la gitane qui décide que le trône lui reviendra en escaladant tous les barreaux qui lui permettront de s’y asseoir. En ce faisant, elle réussit de superbes manœuvres de contorsions, des grands écarts, des culbutes, toujours en robe longue. Sa sœur s’intéresse davantage aux potions magiques alors que toujours, le fantôme de la sœur Lhasa revient hanter la scène sous la forme d’un feu follet blanc. Et dans ce monde si près de l’imaginaire apparaît un mât chinois où le mâle, William Underwood, montre sa souplesse, sa force et son agilité.

Bien que le spectacle contienne une profusion de numéros, la trame de l’histoire est si imposante qu’on a parfois l’impression d’assister à un spectacle de danse contemporaine plus qu’à un spectacle de cirque. La harpe accompagne tout le spectacle, accentuant l’effet d’irréel. La narratrice nous raconte l’histoire en anglais et son ton contribue également à renforcer l’impression d’un ailleurs. SisterS, c’est l’histoire de trois sœurs. On s’y laisse prendre. Ça pourrait être votre histoire ou la mienne.

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0 Au secours, 1 Pas du tout, 2 Un peu

3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément

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