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Jusqu’au 16 décembre 2006

SOLO 1 x 60 – Un jardin d’objets / La nouvelle œuvre de Fortier-Danse Création créée au Japon en collaboration avec le plasticien Takao Minami

Le communiqué

Paul-André Fortier, chorégraphe en résidence à la Cinquième Salle est décidément, infatigable. Rien n’arrête cet « homme qui danse » de 58 ans (il préfère cette expression à danseur). Il termine à peine son marathon chorégraphique de 30 minutes dansé chaque jour, pendant 30 jours, son SOLO 30 x 30, que déjà il répète pour SOLO 1 x 60 – Un jardin d’objets.

Créée l’été dernier au Yamaguchi Center for Arts and Media , au Japon, le SOLO 1 x 60 se déroule dans un environnement visuel proche de l’installation ou plutôt du jardin d’objets, créé par le plasticien et artiste vidéo japonais Takao Minami. Ce dernier est très actif sur la scène internationale. Ses récents travaux l’ont amené à participer à d’importants événements multimédias en Angleterre, en Autriche et, bien entendu, au Japon. Lumières, projections vidéo, sons surprenants et raffinés ont été assemblés pour le SOLO 1 x 60 par l’équipe des collaborateurs artistiques de Fortier : Alain Thibault pour la composition musicale, John Munro aux éclarages et Denios Lavoie aux costumes. En partageant son espace avec d’autres concepteurs, Paul-André Fortier dévoile, une fois encore, son intérêt pour le coirsement des différents formes d’art. La conjugaison de ces talents compose un univers stylisé, laissant place à l’expressikon d’une danse rigoureuse et insoumise, marque de fabrique de Fortier Danse-Création.

Paul-André Fortier livre ici une gestuelle précise et une énergie maîtrisée, arborant des mouvements saccadés ou fluides, symétriques ou désarticulés, laissant seulement émerger au gré de ses gestes des émotions percutantes ou mystérieuses. Avec le SOLO 1 x 60, il approfondit audacieusement les thèmes qui lui sont chers. Chorégraphe de son temps, il questionne la résonance de l’être humain dans l’univers d’urbanité et la place que celui-ci se tisse dans la cité.

Ma critique

SOLO 1 x 60 est dansé sur une musique électronique très monocorde; le même son se répète parfois longtemps et nous hypnotise, comme un Om chanté. La vidéo favorise parfaitement cette fascination absolue.

Le décor très dépouillé, un rocher, des écrans et quelques feuilles métalliques tournées, contribue également à nous plonger dans ce jardin irréel où évolue Paul-André Fortier.

Bien que tous les mouvements soient exécutés avec grande souplesse et agilité, ils sont profondément résolus et déterminés. Il n’y a dans la gestuelle ni langueur, ni rondeur, mais de nombreux mouvements rapides et saccadés, comme les gestes de gens forcés de suivre la cadence de machines. J’ai ressenti l’angoisse qui peut découler de l’aliénation ainsi vécue dans la transposition sur scène du fameux tableau « Le Cri » d’Edvard Munch.

La danse de Fortier est loin d’être ludique. Même si son corps danse, on sent l’expression d’un poussée cérébrale, d’une réflexion intellectuelle sur le monde dans lequel il évolue.

Une danse profondément troublante, très puissante et typiquement masculine dans sa quête.

0 Au secours, 1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément

À la Cinquième salle de la Place des Arts

Renseignements et réservations : Billetterie de la Place des Arts 514-842-2112 ou 1-866-842-2112 ou sur le site