Art et culture
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Du 22 septembre 2005 au 8 janvier 2006

Une célébration de la lumière et de la beauté du Midi par les plus grands artistes, d’Hubert Robert à Monet, Cézanne, Van Gogh, Derain et Braque.

L’exposition Sous le soleil, exactement. Le paysage en Provence, du classicisme à la modernité (1750-1920) propose une synthèse nouvelle de la peinture en Provence, depuis la fin du dix-huitième siècle jusqu’au début du vingtième en s’intéressant principalement au paysage et à la lumière à travers les mouvements artistiques suivants : classicisme, naturalisme, impressionnisme, postimpressionnisme, fauvisme et cubisme. Elle regroupe quelque 200 œuvres, dont 154 tableaux, de plus de soixante artistes. Outre Vincent Van Gogh et Paul Cézanne dont plusieurs œuvres ont fait l’objet de prêts exceptionnels, figurent Hubert Robert, Joseph Vernet, Émile Loubon, Claude Monet, Auguste Renoir, Paul Signac, Albert Marquet, Charles Camoin, André Derain, Raoul Dufy et Georges Braque. L’exposition comprend aussi quelques paysages provençaux peints par des artistes nord-américains tels que Thomas Cole et James Wilson Morrice, ainsi que des dessins, photos, cartes postales, guides et affiches touristiques.

Organisée par
le Musée des beaux-arts de Montréal en collaboration avec les Musées de Marseille, l’exposition a été d’abord présentée au Centre de la Vieille Charité, à Marseille, du 19 mai au 21 août 2005 préalablement à sa venue à Montréal, seule ville nord-américaine à accueillir cette exposition.

De tout temps, poètes, écrivains et peintres ont célébré la beauté du rivage méditerranéen, l’éclat de la lumière, la douceur du climat et la diversité des paysages de la Provence. Avignon et Aix-en-Provence furent d’importants centres de création à la Renaissance. La Provence demeura un foyer actif de création au seizième et au dix-septième siècles et de grands maîtres du dix-huitième siècle sont originaires de cette région, l’un des plus célèbres étant Fragonard. Étape (obligée) sur la route vers l’Italie, terre de villégiature depuis le dix-neuvième siècle, la Provence et sa lumière ont attiré les plus grands artistes, devenant le creuset qui a permis l’éclosion de talents et la rencontre de génies créateurs. Cette présentation apportera un regard inédit sur la peinture du paysage provençal : luminosité plus dure, formats panoramiques et une certaine fascination pour l’Orient méditerranéen.

L’exposition se divise en trois parties : Dans une lumière renouvelée (1750-1830), Avant l’impressionnisme : la naissance de l’École de Marseille (1830-1880) et Post-impressionnistes et Fauves (1880-1920).

Dans une lumière renouvelée (1750-1830)
Les grands courants de la peinture de cette époque s’expriment à travers le paysage fantastique, le paysage arcadien et, d’une façon générale, dans une vision « italienne » de la Provence, comme en témoigne la lumière dorée dont les peintres enveloppent paysages et objets.

Des vues spectaculaires de Bidault, Hubert Robert et Joseph Vernet, dont les compositions laissent une large place au ciel, ouvrent l’exposition. Bidault, Jean-Antoine Constantin, qui occupa une place déterminante dans l’histoire de la peinture en Provence, et Hubert Robert trouvèrent leur inspiration dans la nature sereine, mélancolique, mais aussi sauvage de la Provence, dont les curiosités naturelles offraient un large répertoire de motifs.

Avant l’impressionnisme : la naissance de l’École de Marseille (1830-1880)
Chez ces artistes, natifs de la région, un sens plus réaliste du paysage apparut. La lumière devenue plus cristalline découpe alors les formes au lieu de les adoucir, le paysage élégiaque disparaît, auquel succède un plus grand intérêt pour le quotidien et le social et les mutations industrielles du paysage. Une des contributions de l’École de Marseille à la peinture fut le recours au format panoramique par certains de ces artistes, en particulier Loubon. C’est autour de lui que s’est formée l’École de Marseille dont le paysage était le motif de prédilection, avec Paul Guigou, Marius Engalière et Auguste Aiguier parmi d’autres. Proche pour les provençaux (Marseille devient « la Porte de l’Orient », avec l’ouverture du canal de Suez), l’Orient exerçait un attrait pour le voyage chez nombre d’artistes parmi lesquels François Barry, Fabius Brest, Maurice Bompart et Jules Laurens.

Post-impressionnistes et Fauves (1880-1920)
Dès la fin du dix-neuvième siècle, les peintres de toute la France affluent en Provence, découvrent la Méditerranée dont ils célèbrent le rivage, s’enchantent de cette lumière franche qui révèle l’intensité des couleurs et permet d’explorer d’autres voies que celles offertes par l’impressionnisme. Cette section comprend des œuvres de Monet, Renoir, Van Gogh, Cézanne, Signac, Braque, Derain et Dufy. Désireux de saisir les effets de la lumière sur la nature, inspirés par le soleil de la Provence, Renoir et Monet avaient commencé à peindre ensemble, à Antibes, à la fin des années 1860. Van Gogh vécut à Arles la période la plus féconde et la plus éclatante de sa courte carrière, produisant près de deux cents tableaux ainsi que des dessins. Cézanne, profondément attaché à sa Provence natale, fit naître une nouvelle vision de la forme dont l’influence engagea sur des voies nouvelles toute une génération de peintres. Les Fauves s’orientèrent vers une stylisation de la forme, trouvant dans le pittoresque et la réalité industrielle des motifs autorisant de multiples interprétations et qui conduisirent vers le cubisme. En Provence, les artistes locaux tels que Charles Camoin, Alfred Lombard, Pierre Girieud, Auguste Chabaud, participèrent pleinement à l’aventure du fauvisme.

Guy Cogeval, directeur du Musée des beaux-arts de Montréal et Marie-Paule Vial, directeur des musées de Marseille, sont les commissaires généraux de l’exposition. Le comité scientifique est composé de Nicolas Cendo, conservateur du patrimoine, musée Cantini, Vincent Pomarède, conservateur général, département des peintures, Musée du Louvre, et Benoît Coutancier, conservateur, Museon Arlaten, à Arles.

Le Service des éditions scientifiques du Musée des beaux-arts de Montréal a produit, sous la direction de Guy Cogeval et de Marie-Paule Vial, un catalogue de 265 pages, abondamment illustré, comprenant des essais de spécialistes internationaux. Publié en versions française et anglaise, avec le soutien de l’Association des bénévoles du Musée, cet ouvrage est une coédition du Musée des beaux-arts de Montréal et des Éditions Snoek, de Gand, Belgique.

La scénographie de l’exposition est réalisée par Christiane Michaud.

À Montréal, l’exposition Sous le soleil, exactement. Le paysage en Provence, du classicisme à la modernité (1750-1920) est présentée par le Fonds d’investissement Dynamique, division de Goodman & Company, Conseil en placements ltée, en collaboration avec METRO.

Elle bénéficie du soutien du ministère du Patrimoine canadien par le Programme d’indemnisation pour les expositions itinérantes. Le Musée des beaux-arts de Montréal remercie ses partenaires médias La Presse, The Gazette ainsi que la Société Radio-Canada. Sa gratitude va également au ministère de la Culture et des Communications du Québec et au Conseil des arts de Montréal pour leur appui constant.

Le programme d’expositions internationales du Musée des beaux-arts de Montréal jouit de l’appui financier du fonds d’expositions de la Fondation du Musée des beaux-arts de Montréal et du fonds Paul G. Desmarais.