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Il me semble qu’il y a des années que j’ai écouté du jazz. J’ai eu envie d’entendre le nouveau cd de Vic Vogel, 1 + 1 = 2 . Par curiosité pour ce jazzman que j’allais parfois entendre jouer avec son Big Band dans un petit bar enfumé de la rue Saint-Dominique, à l’âge où je n’avais pas encore le droit d’y être. J’ai placé le cd dans mon lecteur et la magie a opéré.

Un beau jazz qui balance doucement, avec une riche sonorité. Savoureux jusqu’à la dernière plage qui regroupe deux hymnes, celui de la Hongrie et celui du Canada. Petite ironie signifiant que c’est la fin du cd et que c’est peut-être le temps d’aller se coucher.

Une musique qui s’écoute vraiment sans effort, par pur plaisir. Un plaisir à savourer seul avec vous-même ou à partager avec votre amoureux ou vos amis.

0 Au secours, 1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément

VIC VOGEL 1+1=2 / V V Records / Distribution Select

Sans trop faire de bruit, VIC VOGEL vient de lancer un nouveau CD : « 1+1=2 » sous étiquette V V Records. Quand la mode est au repiquage et au mixage à outrance, Vic Vogel vous ouvre la porte sur la réalité du jazz, la spontanéité. Quand bon nombre de musiciens cumulent d’incalculables heures en studio, Vic fait le contraire et livre la marchandise !

Tout a commencé lorsque Vic Vogel a transporté son propre Steinway au studio La Majeure, piano qu’il a acheté en 1951 alors qu’il n’avait que 16 ans. L’instrument n’avait jamais vu l’extérieur de sa résidence, et Vic a même suivi le camion transportant son piano. Arrivé à destination, nous avons fait accorder le piano et patienté quelques jours pour lui permettre de bien s’acclimater à son domicile temporaire. Le 6 février dernier, nous nous sommes donc rendus très tôt au studio et avons patiemment regardé l’accordeur faire son travail. Nous y avions fait installer six caméras autour de Vic et avons enregistré les 15 plages pour son prochain CD/DVD : « Je Joue Mon Piano », qui sortira sous étiquette V V Records au début de l’année 2007. Étant donné l’aspect historique entourant l’enregistrement de ce CD avec son propre piano, Vic a choisi d’inviter les solistes de son ensemble Le Jazz Big Band. Chaque musicien avait donc un total de 15 minutes pour réaliser deux interprétations d’une musique choisie et écrite par Vic. C’est donc huit musiciens, ANDRÉ LEROUX, DAVE GELFAND, DAVE GROTT, DAVE TURNER, JEAN FRÉCHETTE, JOE SULLIVAN, RICHARD GAGNON et RON DI LAURO, qui ont tour à tour enregistré une pièce de leur chef en duo avec celui-ci. Ce n’est que vers 17h que nous sommes sortis du studio, Vic ayant enregistré 32 plages en une seule journée. Nous avions ainsi « Je Joue Mon Piano » et « 1+1=2 ». Par la suite, nous avons demandé aux huit solistes de nous écrire un texte commençant par : « La première fois que j’ai rencontré Vic… » et de se faire prendre en photo dans une cabine photo. Le résultat de cet effort collectif se retrouve sur le CD « 1+1=2 ». Je suis particulièrement fier d’avoir pu assister à ce moment historique de la vie de Vic Vogel, peu de gens sont aussi actifs et productifs à 70 ans. Un beau cadeau pour les vrais fans de jazz. (B.P.)

VIC VOGEL
Né en 1935 de parents hongrois, VICTOR STEFAN VOGEL est aujourd’hui un musicien canadien émérite. Issu du Plateau Mont-Royal, Vic adore raconter souvenirs et anecdotes de jeunesse qui s’y rattachent. Il découvre le piano à l’âge de cinq ans lorsque ses parents font l’acquisition d’un piano droit destiné à son frère aîné. Aussitôt fasciné par la musique, le piano et la musique populaire se changent vite en obsession pour le jeune Vic. En l’observant diriger un orchestre imaginaire pendant les émissions de jazz à la radio de Radio-Canada au début des années quarante, ses parents ne se doutaient pas du succès qui l’attendait. Un jour, le rêve devint réalité pour Vic Vogel qui fut invité comme soliste sur les ondes de la même chaîne. Et on ne compte plus les émissions de radio et de télé où il a travaillé en tant qu’arrangeur et chef d’orchestre au cours de sa carrière. Les années ‘50 représentent l’âge d’or du divertissement musical à Montréal, où foisonnent les clubs de nuit où on présente des revues burlesques et des orchestres de toute sorte : un contexte idéal pour un pianiste/tromboniste de 16 ans voulant faire carrière. Vic se taille rapidement une place de choix dans la région de Montréal, ce qui lui permet de gagner assez d’argent pour acheter le piano à queue Steinway en montre dans la vitrine des frères Layton, et sur lequel il jouait, sur la rue Ste-Catherine. Parmi les nombreux accomplissements, il importe de souligner l’album platine attribué pour la partition musicale de Vic Vogel jouée sous sa direction lors des cérémonies des Jeux olympiques tenus à Montréal en 1976. La liste des sommités avec qui il a travaillé est, elle aussi, impressionnante : Chucho Valdés, Jimmy Heath, Zoot Sims, Phil Woods, Maynard Ferguson, Jerry Mulligan, Eartha Kitt, Slide Hampton, Cannonball Adderly, Dizzy Gillespie Ann Margaret, Paul Anka, Sammy Davies Jr., Jerry Lewis et Michel Legrand. Récemment, Vic s’est surtout consacré à des projets pour petits ensembles, pour piano solo ainsi que pour Le Jazz Big Band, orchestre qu’il dirige depuis plus de 30 ans. De plus, Vic a été choisi pour écrire les arrangements et assurer la direction musicale d’un grand ensemble européen de jazz composé de jeunes de différents pays appelé Swinging Europe. Une quinzaine de concerts plus tard, la tournée européenne du printemps 2005 se termine en sol québécois, avec trois concerts dans la région de Montréal. Cet hommage à la musique d’Oscar Peterson a également fait l’objet d’un CD et sera intégré au film de la chaîne de télévision Radio-Canada sur la carrière de Vic. Vic et son big band auront terminé à ce moment-là une autre tournée avec le légendaire groupe rock québécois Offenbach, autrefois dirigé par le chanteur Jerry Boulet.

Source : Bob Pover, Gérant de Vic Vogel – www.529jazz.com