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Jour 2

Les amish

La plupart des gens croient que les amish vivent dans un village particulier. Il n’en est rien. La communauté amish couvre un grand territoire, particulièrement dans le comté de LANCASTER, Pa. (208 communautés)

D’autres grandes communautés se trouvent en Ohio (239), Indiana (137) et dans plus de dix-sept autres états. Au Canada, nous en retrouvons en Ontario (j’ai oublié le nom de la ville; si vous la connaissez, dites-le-moi, je l’ajouterai…)

Le film Witness nous a fait connaître les amish, ce qui a attiré une foule de touristes. Sont-ils heureux de cette visibilité? J’en doute! Mais, comme ce sont des gens très pacifiques, ils ont décidé de faire contre mauvaise fortune bon cœur.

Ils espèrent toutefois et apprécient notre respect, notre discrétion et notre politesse. Ils ne sont pas des objets de foire, mais bien un peuple ayant décidé de vivre autrement.

Le tourisme est excellent pour l’économie de leur région; il leur permet de mieux gagner leur vie, de vendre le fruit de leur travail, d’avoir un meilleur système scolaire et des biens publics mieux adaptés sans voir leurs taxes augmenter, et ce, depuis fort longtemps.

Les amish paient toutes les taxes comme les autres Américains, qu’ils appellent « les Anglais », sans en retirer un dollar.

Un peu d’histoire

Un schisme divise les protestants et, en 1525, une partie de ceux-ci, les Anabaptistes, partent de leur côté. À cause de leurs croyances, ils sont persécutés, certains même, tués. Ils habitent l’Alsace, la Lorraine et la Palatine. Après une guerre (1618 à 1648), ils peuvent enfin pratiquer librement leur religion.

En 1693, une autre division a lieu, à cause d’une pratique appelée « shunning », sorte d’expulsion des rangs. Jacob Ammann, né en Suisse et émigré en Alsace, devient le dirigeant des amish. Selon lui, tout amish commettant un péché, selon sa religion, doit être expulsé des rangs. Plus personne ne doit entretenir de relations avec cette personne, qui peut revenir dans la communauté en lui demandant publiquement pardon. Ceux qui s’y refusent partent avec Menno Simons, un Hollandais. Ils deviennent des mennonites.

Dans les années 1700, les amish sont forcés de s’expatrier. L’Alsace devient partie de la France… Trois cents amish arrivent en Amérique, sur l’invitation de William Penn, pour jouir de la liberté de religion.

Pendant qu’il élargit le mouvement Quaker, William Penn croit que l’agriculture est la base du succès économique et il reconnaît que les amish sont d’excellents fermiers. Les amish s’installent donc dans les forêts de Penn, qui leur offre gratuitement des terres.

La Révolution française (1789-1796) force plusieurs amish allemands à fuir. Ils quittent l’Europe par milliers. En 1860, 3 000 amish arrivent en Amérique, où on en trouve maintenant plus de 90 000.

Durant notre visite, M. Gérard nous transmet toutes ces informations, avec force détails; beaucoup plus que ce que je vous écris. Sans ses explications passionnantes, je n’aurais certainement pas autant apprécié ce voyage.

Maintenant, je les retrouve partiellement dans un livre que je me suis procuré, intitulé The Old Order Amish – in plain words and pictures, de T.J. Redcay, un auteur mennonite). Les mennonites, même s’ils se vêtent passablement de la même manière que les amish, vivent de manière beaucoup moins austère.

La prochaine chronique demain : leur non-conformité, leurs sources d’énergie et de transport