Art et culture
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L’ACLJ favorise à la fois, les approches interculturelles et intergénérationnelles.

En effet, l’aîné peut être un modèle. Mais, dans ce que nous préconisons, il est surtout un soutien dans l’élaboration de la démarche du jeune, prêt à s’investir pour raconter son propre vécu évoqué au moyen de contes, de récits de personnages imaginaires et de poèmes ; un jeune, disposé également à s’imprégner des textes d’un autre jeune comme lui et à traduire sa propre vision de leur contenu par des illustrations.

L’ACLJ n’a pas une approche formelle comme le proposent, ou parfois l’imposent, les programmes scolaires. Un projet, à l’ACLJ, se structure à partir d’initiatives qui arrivent, le plus souvent, fortuitement d’un pays ou d’un autre, ce qui permet la création d’un contenu d’une remarquable diversité et d’une très grande richesse.

Au départ, la mise en place d’un projet nécessite l’engagement de personnes qui sortent un peu des normes traditionnelles et qui sont prêtes à prendre quelques risques.

Je voudrais donner l’exemple de Daniel Gagné, un heureux retraité, qui a décidé d’expérimenter la création de contes avec des jeunes réfugiés d’Haïti, dans une école de Puerto Plata, en République dominicaine, et de leur proposer d’illustrer des textes réalisés par des jeunes du nord québécois.

De retour à Montréal, il n’a même pas défait ses valises avant de repartir faire une expérience analogue à Quito, en Équateur, avec les jeunes de la rue, jumelés à une autre école du nord québécois.

Disons qu’il n’est pas nécessaire d’être aussi téméraire pour prendre des initiatives qui donneront aux jeunes, le goût de s’investir dans la construction de leur imaginaire.

Je prendrai l’exemple de Céline Larochelle qui a offert à plusieurs enseignantes de l’école Fleur-de-Vie, à Laval (Québec), de faire participer leurs élèves de maternelle et de 1e année, à la création de livres en leur faisant construire de petites phrases qu’ils ont ensuite illustrées.

L’ensemble des réalisations sera présenté sous forme d’affiches qui serviront à des expositions et sous forme de livres, un par projet, qui seront offerts à chaque enfant. Voilà de quoi faire rêver certains écrivains qui n’ont pas encore trouvé un éditeur !

Ces enfants auront eu la chance de se faire éditer à 5 et 6 ans ! Imaginez la puissance de cette reconnaissance chez ces jeunes enfants ! Cette expérience aura sûrement une influence sur leur goût d’apprendre à lire et à écrire, ainsi que plusieurs en auront témoigné, plusieurs années plus tard, à la suite d’expériences analogues.

Ce qui suit fera peut-être mieux saisir l’intérêt et l’implication de l’ACLJ dans tous les domaines de la création par les enfants.

Carmen Piché a 84 ans. Elle avait collaboré, l’an dernier, à un projet « L’amitié n’a pas de frontière » dans un centre de loisirs qui avait rassemblé des aînés et des jeunes de 10 et 12 ans pour bâtir ensemble des contes en partant de l’initiative des jeunes pour le contenu.

Dans ce projet auquel l’ACLJ a collaboré, les aînés ont accompagné les jeunes participants dans leur démarche de création en collaborant aux illustrations.

Un événement festif pour présenter l’album a clôturé le tout.

Un an plus tard, cette dame m’a rappelé l’immense plaisir et la fierté que ce projet avait suscités en elle, m’offrant une photo sur laquelle elle posait fièrement, l’album en main. Cet appel ne pouvait demeurer sous silence. Au téléphone, je lui ai rappelé mon admiration pour son implication auprès des jeunes et pour la qualité des dessins qu’elle avait réalisés.

Je lui ai alors parlé de notre projet avec les jeunes d’Haïti, « Je me souviens pour un monde meilleur ». Je lui ai proposé de s’essayer dans l’illustration d’un des textes composés sur la solidarité haïtienne après le séisme. C’est alors qu’elle m’a raconté l’événement qui suit, survenu la veille:

« Je n’y vois plus beaucoup mais j’aperçois un petit bébé en train de m’observer. Je lui souris tout en m’approchant de lui. C’est là, parce que je ne regardais que ses yeux, que mon pied a trébuché. J’ai été récupérée in extrémis par la maman. Elle me dit toute émue : -Vous êtes la première étrangère à ma famille qui avez fait sourire ma petite miraculée du tremblement de terre. Enceinte de cinq mois, je venais de sortir de chez moi pour aller acheter du lait. C’est ce qui m’a sauvée et qui a permis la naissance de ce petit bébé.-Vous comprenez pourquoi je suis particulièrement touchée d’apporter ma contribution à ce projet. »

Nous avons continué la conversation. Elle m’a expliqué qu’elle avait gardé toute une collection de dessins réalisés par des enfants dans le cadre d’activités qu’elle avait faites avec eux.

C’est là que je lui ai proposé d’en rassembler quelques – uns ayant un même thème et de proposer à des jeunes de bâtir des histoires à partir de ces illustrations.

À 84 ans, elle va repartir avec son bâton de pèlerin pour proposer cette activité au centre de loisirs qu’elle fréquente et l’animer avec d’autres aînés.

Voilà de l’intergénérationnel, de l’interculturel bien compris.

Et voilà une personne qui en a saisi tous les enjeux et qui s’implique pour faire sa part.

« Moi, je ne connais rien à l’informatique, j’ai essayé, j’ai abandonné, mais j’utilise au mieux ce que je sais faire. Animer, dessiner. C’est ce qui m’implique le plus dans ma vie d’aujourd’hui : pour l’amour des enfants. »

Vous pouvez lire la suite du bulletin et retrouver toutes les adresses en cliquant sur le lien ci-bas.

Didier Calvet
Fondateur de l’ACLJ

PROJET JEUNESSE

Didier Calvet
Association pour la Création Littéraire chez les Jeunes

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ACLJ CP 25 Succ. Youville, Montréal (Québec), H2P 2V2, Canada