Art et culture
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C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule. C’est une évidence. C’est aussi un titre de film, alors que Bernard Blier sévissait avec panache dans les films comiques. En effet, je n’ai pas grand chose à dire, surtout en matière de hockey.

J’ai tourné la page sur ce chapitre quand Marcel Aubut a encaissé ses jetons. C’était… je ne sais plus quand exactement. Je me souviens de la stupeur qu’avait provoquée la nouvelle. Je voyageais alors pour mon employeur et j’étais en route vers Gaspé cet après midi-là. Tout au long de cette magnifique journée les lignes ouvertes et les commentaires ne dérougissaient pas. Michel Bergeron en tête, les commentateurs de Québec étaient consternés devant ce sacrilège. Et pour un sacrilège, c’en fut un en effet.

C’est que le bon Marcel venait d’expédier vers Colorado ce que nous savions être les futurs champions de la ligue nationale. Du coup, il avait privé les Québécois du plaisir légitime, attendu depuis des années, celui de récolter enfin les fruits d’une longue attente. L’année suivante, en effet, la coupe Stanley n’a pas été montrée sur la Grande Allée. Elle a plutôt fait un petit tour sur un boulevard du Midwest américain, là où la neige est un phénomène lointain. Je n’ai plus jamais regardé un match de hockey à la télé. Et j’ai accroché mes propres patins. Mais ça, c’est une autre histoire.

Le temps passe et, en ce dimanche après midi de février, je cède à la tentation. Et je vois, incrédule, le Canada se faire planter par la Finlande. 2 à 0 pour les Vikings. Il s’est fait bafouer aussi par la Suisse, l’autre jour. Blanchi 2 à 0 aussi. S’il y a des trous dans l’emmental, c’est dans le jeu des petits copains de Gretzky qu’on les voyait aujourd’hui. Béants les trous.

Après le de match de cet après midi, Denis Potvin, le moral dans les talons, parlait de manque de cohésion. Et a contrario de celle des Finlandais. Tiens tiens, comme c’est intéressant. Les Suisses, les Slovaques, les Finlandais, de vraies équipes nationales, plantent les Canadians à tour de bras. Serais-ce une autre façon d’illustrer le fait que le Canada a des problèmes, disons …d’unité nationale ?

Comme ils étaient beaux les grands drapeaux blancs ornés d’une croix bleue, flottant à bout de bras dans l’amphithéâtre. Inversant les couleurs dans ma tête, j’imaginais plutôt de grands drapeaux bleus, avec une croix blanche et un bouquet de lys flotter au vent de futurs Olympiques. Et des joueurs de chez nous lever les bras en signe de victoire. Peut-être qu’on verra ça un jour, pourquoi pas ?

GILLES THÉBERGE