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CHAPITRE 14 – LE RÊVE

NASHVILLE (2)

Paraît-il que les gens réservent des mois à l’avance pour assister au Grand Ole Opry.

Quand vous logez dans un hôtel, motel ou camping dans Nashville, informez-vous à la réception si vous avez la possibilité d’obtenir des billets grâce à eux. Souvent, ils achètent des séries de billets pour tous les spectacles.

À l’heure dite, je suis au poste près du petit autobus qui nous mène au Grand Ole Opry Theater.

Comme je suis peu familière avec la musique country, je ne sais rien du Grand Ole Opry… sauf que le nom résonne quand on entend parler de ce type de musique et qu’on ne peut pas aller à Nashville sans assister au moins une fois à leur spectacle….

Quelle ne fut pas ma surprise, en voyant le décor et en regardant le début du spectacle, de constater que ça n’est pas un spectacle comme tel, mais bien l’enregistrement d’UNE ÉMISSION DE RADIO devant public et diffusée en direct aux États-Unis depuis 75 ans !!!!

Les artistes sont élus membres du Grand Ole Opry. Toutefois, pour passer à l’émission, on n’est pas obligé de faire partie de la liste de membres.

Disons que si tu es membre, ça te permet de chanter très très très longtemps (en terme d’années) dans une salle de spectacles…

Bon, cessons de tourner autour du pot et plongeons ! (Encore une fois, croyez que je ne veux pas paraître snobinarde par ce texte mais plutôt « ignorante » du dit-Grand Ole Opry)

Le rideau se lève.

Tout au fond, un immense panneau de façade de grange rouge avec, au-dessus des portes, un écran publicitaire géant annonçant l’extraordinaire déjeuner gargantuesque du Cracker Barrell qui commandite cette partie d’émission… (des oeufs, muffins, pancakes, bacon, patates rôties, crème fouettée et fraises…. berk!!! )

Devant le panneau: des musiciens, des micros, des fils partout, des instruments, des chanteurs-accompagnateurs; et à ma gauche, un lutrin avec l’annonceur-maison.

Moi, je pense toujours qu’il s’agit d’un spectacle à ce moment-là et je regarde ce décor… abasourdie !!!

L’annonceur-maison nous souhaite la bienvenue, nous explique le délicieux repas servi dans tous les Cracker Barrell et nous présente l’animateur de cette demi-heure. : Jim Ed Brown ?????

Entre sur scène un monsieur d’environ 65 ans qui nous interprète un de ses grands succès ? Il regarde les femmes comme Julio…. hummm!

La foule applaudit à tout rompre.

Après ce numéro, monsieur Cracker Barrell revient faire encore une pause publicitaire.

Je demande à mon voisin s’il s’agit bien de ce que je commence à comprendre, tout en lui disant que je viens du Québec francophone. Cette explication lui évite la crise cardiaque face à mon ignorance. Il me confirme qu’en effet, il s’agit d’une émission de radio.

Puis viennent The Whites, Bill Carlisle (un monsieur de 92 ans s’avance avec sa marchette sur la scène. Je crois rêver éveillée. M. Carlisle nous raconte une histoire et nous fait une chanson… ma foi, il est encore bien vert pour son âge). Finalement, les Bellamy Brothers.

Connaissez-vous ces gens ? Moi, je n’en connais aucun.

L’émission se termine, le rideau s’abaisse… et se relève…

Autre annonce publicitaire pour des boulons, des vis et des clous !

Riders in the Sky seront nos hôtes. Ils nous font un petit numéro et nous présenteront Skeeter Davis, Trini Triggs (là, l’émotion est à son comble, tout ce qu’il y a de « jeunes dames » se précipite à genoux à l’avant ou dans l’allée à côté de moi; qui avec des fleurs, des toutous, des caméras, car on peut photographier).

Arrive sur scène un jeune cowboy noir avec des jeans tellement serrés que je me demande comment il a fait pour y entrer; il va sûrement avoir des problèmes de vessie d’ici peu car un rond bleu plus foncé s’agrandit, vous devinez où, au fur et à mesure de sa prestation !!!! La foule est hystérique ! Tiens, je reconnais sa chanson mais ne saurait la nommer; je l’ai entendue au canal de musique.

Charlie Lauvin (le vide musical total; y doit pas être en forme) et nous terminons par Jack Green. Toujours dans l’inconnu pour moi …

Troisième partie : Jeannie Seely… Les lumières sont impitoyables quand on est assis près de l’estrade. Madame Seely n’a pas une ride et semble faite de plâtre… toutefois, personne n’est dupe.

J’entendrai donc Billy Walker, Mike Snider et un autre jeune de la relève : Kenny Chesney (personnage de jeune cowboy TRÈS étudié. TOUT semble étudié; toutefois, sa chanson, tout comme celle des autres de la relève, me fait taper du pied… Enfin le « son » que j’aime).

Quatrième partie – Animateur Bill Anderson qui porte un veston rouge brodé de fil d’or, bijoux de diamants scintillants – très « flashé » et « remonté » lui aussi.
Wilma Lee Cooper, Jimmy C. Newman et la relève Brad Paisley (mon préféré chez la relève; simplicité, talent musical indiscutable et très bonne chanson bien interprétée connue… FIOU ! )

etc…. etc…. etc…

JE NE PEUX PAS DIRE QUE J’AIE PASSÉ UNE MAUVAISE SOIRÉE.

Mais je ne peux pas croire que Grand Ole Opry a un avenir pour de nombreuses années encore; les gens écoutant de moins en moins la radio, les artistes étant de plus en plus âgés tout comme leur public. Toutefois, les Américains vouent une grande dévotion à leur passé et à leurs artistes.. alors, on ne peut jamais savoir.

Une autre salle offrait pour le même prix un souper-spectacle : « Remember Patsy Clyne ».
Un voisin québécois y a passé une EXCELLENTE soirée.

Un bon nombre d’autres spectacles sont également offerts sur le site de Opryland. Si vous ne connaissez pas plus que moi les chanteurs country-western, vous aurez peut-être plus de plaisir à visiter une de ces autres activités.

Demain, le grand tour de ville!

SITE INTERNET :

http://www.grandoleopry.com

Pour voir les artistes dont je vous ai parlé, il y a toujours le site proposé hier :
http://members.aol.com/wig0530/Links.html