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« Plusieurs courriels en circulation sur Internet propagent de l’information incomplète sur le prochain recensement », (Jean-Paul Perreault, Impératif français)

LA VÉRITÉ SUR LE RECENSEMENT

Il est important de bien remplir le questionnaire

Un débat a actuellement cours sur Internet à propos de la nécessité de protéger les quelques services en français que les francophones d’Ottawa* obtiennent dans la capitale fédérale du Canada en invitant les francophones qui y résident ou non à répondre « stratégiquement » au recensement fédéral du 16 mai prochain. Toute cette agitation est un témoignage éloquent du sort peu enviable que le Canada, son gouvernement et ses institutions font subir aux francophones.

La connaissance des langues

La connaissance de l’anglais est abondamment répandue parmi les francophones. Elle a pour conséquence perverse de les priver de services en français. Puisque bon nombre d’entre eux parlent volontiers l’anglais, certaines institutions publiques ou privées ne voient plus ou voient moins la nécessité d’offrir leurs services en français. La question 13 du questionnaire « complet » se lit en effet comme suit : « Cette personne connaît-elle assez bien le français ou l’anglais pour soutenir une conversation? ». C’est à partir des réponses obtenues à cette question sur la connaissance des langues que des institutions, des statisticiens, des démographes et d’autres analystes mesurent l’expansion remarquable de la connaissance de l’anglais parmi les francophones.

Langue maternelle et langue d’usage

Les questions 15 et 16 du questionnaire « complet » sont respectivement les suivantes : « Quelle langue cette personne parle-t-elle le plus souvent à la maison? » et « Quelle est la langue que cette personne a apprise en premier lieu à la maison dans son enfance et qu’elle comprend encore? ». Ici, encore, on peut affirmer que les francophones qui répondront en cochant les deux cercles de ces questions sur la langue d’usage à la maison et la langue maternelle seront considérés par certains analystes comme étant francophones à 50 % et anglophones à 50 %.

Conscient de cette situation, le président de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, M. Jean-Guy Rioux, a déclaré par voie de communiqué que « les gens doivent également être conscients que toute réponse multiple à ces deux questions a un impact sur le calcul final du nombre de francophones au pays ».

Origine ethnique des ancêtres

Statistique Canada a lui-même politisé le recensement en introduisant l’origine ethnique « canadienne » et de surcroît en tête de liste comme réponse à la question 17 du questionnaire « Quelles étaient les origines ethniques ou culturelles des ancêtres de cette personne? »,. « Canadienne » (ou « canadian » dans le questionnaire anglais) n’est pas une origine ethnique, mais une nationalité. Ce tour de passe-passe a eu pour effet de réduire à moins de 3 millions le nombre total de personnes d’ascendance française au recensement de 2001. Il est regrettable que Statistique Canada utilise ainsi le recensement pour faire du nation building sur le dos de la population canadienne d’origine française.

Valeur du recensement

Le recensement est censé tracer un portrait statistique fidèle de la population canadienne, notamment en ce qui concerne la population de langue et d’origine française. L’usage qu’en font certains pour affaiblir la francophonie pourrait expliquer l’origine de cette campagne sur Internet invitant les francophones à remplir « stratégiquement » le questionnaire « complet » du prochain recensement. L’outil a du bon, mais pose problème à cause de l’usage assimilant qu’en font certains politiciens et institutions y compris, bien sûr, le gouvernement fédéral et de nombreuses institutions publiques et privées.

Impératif français est très sensible à la méfiance suscitée par certaines questions auprès d’un public généralement averti, mais compte tenu de l’importance que revêt le recensement, il recommande néanmoins à la population de répondre correctement au questionnaire du recensement.

Source :
Jean-Paul Perreault
Impératif français
Tél. : (819) 684-8460
IMPÉRATIF FRANÇAIS

* En Ontario et dans la capitale fédérale, Ottawa, il y aurait respectivement 493 630 et 116 745 citoyens de langue maternelle française, selon le recensement de 2001. Par contre, il n’y aurait respectivement que 42 305 et 10 500 citoyens qui ne connaissent que le français. Le français n’a toujours pas un statut de langue officielle dans la Ville d’Ottawa, capitale du Canada !

Nous invitons les lecteurs intéressés à lire les articles suivants :
« Call me Canadian », Charles Castonguay, L’Action nationale, vol. 89, n° 9, 1999, p.35 à 38

« Recensement au service de l’unité canadienne : comment dissimuler la faiblesse du français », Charles Castonguay, L’Action nationale, vol. 93, n° 7, 2003, p.82 à 105

« Le regard d’Ottawa sur la situation du français en 2001 », Recherches sociographiques, vol. 46, n° 2, 2005, p. 327 à 341

Pour prendre connaissance des questions linguistiques 13, 14, 15, 16 et 17 du recensement « complet » 2006 : SITE INTERNET

On trouvera un communiqué récent de Statistique Canada à l’adresse : SITE INTERNET

Le communiqué de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada : SITE INTERNET

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