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Quand il n’y aura plus de poissons dans les cours d’eau, quand les écosystèmes seront irrémédiablement détruits, quand il n’y aura plus de vie autour de nous, comment allons-nous survivre ? Cette question, j’aurais bien aimé qu’on la pose à M. Jacques Côté, le président-directeur général de la Société du Havre de Montréal, qui, dans l’édition du 8 février du journal Devoir, s’apitoie sur la mort annoncée du projet de bassin nautique de Montréal.

Pour bien comprendre, récapitulons.

Le 31 janvier, une manchette nous apprend que trois biologistes du ministère des Ressources naturelles du Québec ont remis à la Société du Havre un rapport dans lequel ils annoncent une hécatombe environnementale. En effet, affirment ces experts, si le projet de créer un bassin fluvial équipé d’une centrale de 350 mégawatts alimentée par la totalité des eaux fluviales à la hauteur du port de Montréal devait se réaliser, cela créerait une catastrophe environnementale. Selon eux, ces impact écologiques, impossibles à atténuer quelles que soient les méthodes employées, vont mettre en danger des dizaines d’espèces vivantes. Plus encore, ces impacts vont se répercuter, tenez-vous bien, jusque dans la baie de Fundy en Nouvelle-Écosse et même sur la côte est américaine.

Je ne suis pas un admirateur du ministre de l’Environnement, mais je lui reconnais le mérite d’avoir été clair sur ce dossier. Le journaliste Louis-Gilles Francoeur rapporte que, le 2 février, Thomas Mulcair a déclaré sans équivoque, que ce projet » ne verra pas le jour « . Ouf!

Cette menace, bien qu’écartée, s’ajoute néanmoins à une foule d’autres, bien réelles celles-là. En effet, ce n’est pas la première agression qu’aurait eu à subir le fleuve. Par exemple, la régulation artificielle des crues printanières nuit de façon importante à la santé des écosystèmes; elle contribue même à leur détérioration.

Côté agricole, la pollution se fait particulièrement sentir à la sortie des affluents du lac Saint-Pierre, dont les rivières Yamaska et Saint-François. La présence excessive de lixiviat d’engrais contribue à l’eutrophisation, c’est-à-dire à une mort lente du lac Saint-Pierre. Ces concentrations d’engrais issues du ruissellement et de l’érosion des terres agricoles contribuent à la prolifération d’algues, de plantes ainsi qu’à une sédimentation accrue qui entraînent la diminution de la vélocité des courants. En conséquence, le fleuve est en train de s’envaser. Ce n’est plus dans l’eau claire qu’on y navigue, c’est sur un immense tapis d’algues. Qu’en pense l’UPA ?

à suivre demain

GILLES THÉBERGE