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Pendant ce temps au Darfour, des femmes sont violées, des enfants sont affamés, des populations entières sont chassées. Mais nous n’avons pas les moyens d’aller les défendre contre les exactions ignobles du gouvernement soudanais. Cette province du Darfour est, on le sait, ravagée, depuis février 2003, par un conflit entre les milices arabes et la population noire africaine. Cela a provoqué la mort de plusieurs milliers de personnes et un exode massif de réfugiés au Tchad. Catastrophe humanitaire qualifiée par les Nations unies de «nettoyage ethnique», elle a occasionné plus de 200 000 morts et près de trois millions de réfugiés.

On voit de plus en plus nettement le contour du visage humanitaire de ce gouvernement qui préfère mettre ses billes du côté de la paranoïa américaine en Afghanistan, plutôt que de porter secours aux plus démunis, ce qui était l’image de marque du Canada.

Changeons de dossier. Après que les policiers se soient appropriés le registre des armes à feu et aient commencé à comprendre sa grande utilité, le sympathique premier ministre a décidé de fermer le robinet de son financement. Résultat : quelques années à peine après la tuerie de polytechnique, connaissant parfaitement l’état de l’opinion publique largement favorable au contrôle des armes à feu, le gouvernement persiste et signe. Il n’abolira pas le registre, mais il l’abolira quand même en lui coupant les vivres.

Finalement, la ministre canadienne de l’Environnement est allée présider une conférence mondiale qui doit, en principe, faire évoluer vers plus d’efficacité l’accord de Kyoto. Simple détail pour elle sans doute, elle ne croit pas à Kyoto. Et le gouvernement auquel elle appartient n’a pas l’intention de donner suite à sa signature. Tous les groupes écologistes sont unanimes à dénoncer son absence de crédibilité à exercer des fonctions incompatibles avec les positions du gouvernement qu’elle représente.

Petit à petit, l’oiseau fait son nid voyez vous. Malgré les sourires entendus, et les accords historiques bidon de type UNESCO, le gouvernement Harper laisse place, lentement et sûrement, aux orientations radicales de droite dans ses politiques, qui sont sa vraie marque de commerce.

Le jupon dépasse. Bientôt, il traînera par terre. Et comme on le sait, tout ce qui traîne…

GILLES THÉBERGE