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Multiculturalisme
Le multiculturalisme et sa haine de toute identité nationale détruit la Grande-Bretagne
Traduction par Annie Lessard, Marc Lebuis
Theodore Dalrymple
Point de bascule Canada
samedi 31 mai 2008

Première partie

Perte de tout caractère distinctif de la Grande-Bretagne

Les problèmes d’interprétation des lois ne sont pas les seuls – ni même le plus important – qui se posent dans une société de plus en plus diversifiée. Un sentiment de malaise est très répandu, même parmi les immigrants de longue date, du fait que la Grande-Bretagne a perdu son caractère distinctif : ou plutôt, la perte de tout caractère distinctif est aujourd’hui son caractère le plus distinctif.

Le pays que ces immigrants ont choisi n’existe plus. Il a changé au-delà de toute reconnaissance, bien au-delà et plus radicalement que les changements inévitables qui ont accompagné l’existence humaine depuis l’aube de la civilisation.

Un sentiment de continuité a été perdu, ce qui est déconcertant dans un pays avec une constitution non écrite fondée sur la continuité.

Londres est maintenant la ville la plus ethniquement diversifiée du monde – plus que New York, selon les rapports de l’ONU. Et il ne s’agit pas seulement de la présence de quelques personnes de toutes les races et nations, ou de la fructification de l’effet culturel des étrangers (une culture fermée sur l’extérieur est morte, mais ce n’est peut-être pas la seule manière de tuer une culture).

Déambulez dans certaines rues de Londres et vous rencontrerez une tour de Babel des langues. Si une personne aveugle n’avait que la parole des passants comme point de repère, elle serait perdue, même si l’absence même d’une langue prédominante pourrait lui donner un indice. (Cette promiscuité ne veut pas dire qu’il n’y a pas aussi des ghettos monoculturels d’étrangers en Grande-Bretagne).

Une population en cours de remplacement accéléré

Un tiers des résidents de Londres est né en dehors de la Grande-Bretagne, un pourcentage plus élevé que dans toute autre ville au monde à l’exception de Miami, et le pourcentage continue d’augmenter.

De même, les chiffres sur les migrations pour l’ensemble du pays – émigration et immigration – donnent à penser que sa population est en cours de remplacement accéléré. Beaucoup des nouveaux arrivants proviennent du Pakistan, de l’Inde et de l’Afrique, d’autres viennent d’Europe de l’Est et de la Chine.

Si les tendances actuelles se maintiennent, les experts prévoient que dans 20 ans, entre un quart et un tiers de la population britannique sera née à l’étranger, et au moins un cinquième de la population de souche aura émigré.

La Grande-Bretagne a toujours eu des immigrants – des Huguenots français après la révocation de l’Edit de Nantes aux Allemands qui ont fui la répression Prusse, des Juifs fuyant l’oppression tsariste aux Italiens faits prisonniers de guerre qui sont restés après la Seconde Guerre mondiale – et elle les a absorbés. Mais jamais en aussi grand nombre, ou si rapidement.

Le peuple veut une réduction dramatique de l’immigration

Concernant l’anxiété liée à ces changements démographiques sans précédent – une grande majorité du public, lorsqu’on lui pose la question, dit qu’il veut une réduction dramatique de l’immigration – on peut ajouter une réticence à s’exprimer ouvertement.

Cette réticence est induite par les intellectuels de l’école « haine de soi » qui se félicitent de la destruction de l’identité nationale et qui soutiennent – en partie à juste titre – que l’identité de chaque personne est multiple, que cette identité peut et doit évoluer au fil du temps et qu’un accent trop fort sur l’identité nationale par le passé a conduit à la barbarie.

Ils ont insinué un sentiment de culpabilité dans l’esprit de tous, de sorte que le simple fait de mettre en doute la sagesse ou la viabilité d’une société composée d’une myriade de groupes ethniques et religieux sans sympathie mutuelle (et souvent mutuellement antagonistes) est soupçonné d’entraîner un glissement vers l’extrême nationalisme ou le fascisme.

Le fait de douter de la sagesse ou de la viabilité d’une société dans laquelle chacun se sent lui-même partie d’une minorité opprimée vous place dans la même catégorie que Jean-Marie Le Pen, ou pire.

À SUIVRE…