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Multiculturalisme
Le multiculturalisme et sa haine de toute identité nationale détruit la Grande-Bretagne
Traduction par Annie Lessard, Marc Lebuis
Theodore Dalrymple
Point de bascule Canada
samedi 31 mai 2008

Dans 20 ans, entre un quart et un tiers de la population britannique sera née à l’étranger, et au moins un cinquième de la population de souche aura émigré. La population est en cours de remplacement accéléré. L’anxiété liée à ces changements démographiques sans précédent ne peut être exprimée ouvertement (c’est du « lepénisme »). Les intellectuels multiculturalistes de l’école « haine de soi » se félicitent de la destruction de l’identité nationale. Les immigrants n’ont aucun sentiment d’allégeance à leur pays d’adoption.

– Theodore Dalrymple

L’analyse de Theodore Dalrymple rejoint à maints égards celle du torontois Salim Mansur pour qui « le multiculturalisme est devenu une voie à sens unique où l’Occident fait des concessions et les non-Occidentaux, des demandes. C’est intenable. L’Occident est maintenant exposé au paradoxe de la perte d’identité culturelle autogénérée qui est un affaiblissement politique dans un village planétaire. La tâche qui nous attend est de guérir de l’illusion multiculturelle en réaffirmant une fois de plus les valeurs qui ont rendu l’Occident fort et attrayant pour le reste du monde ».

L’analyse de Dalrymple est particulièrement pertinente dans le contexte des discussions autour du rapport de la commission Bouchard-Taylor.

Comme le souligne le jeune doctorant en sociologie Mathieu Bock-Côté, « le rapport de la commission Bouchard-Taylor repose ainsi sur le postulat que l’affirmation de la culture nationale majoritaire, celle du Québec historique, serait une affirmation illégitime et antidémocratique. Mais doit-on vraiment le rappeler, il n’y a pourtant rien d’antidémocratique à placer au centre d’une société sa culture fondatrice. La culture nationale ne doit pas consentir à sa liquidation. La société québécoise est traversée par une histoire qu’elle devrait tout simplement assumer sans complexe. Ce rapport, loin de résoudre les problèmes actuels du Québec sur le plan identitaire, ne contribue qu’à les amplifier en disqualifiant les préoccupations populaires et en s’acharnant dans la sacralisation d’une idéologie multiculturelle basculant silencieusement vers une forme faussement vertueuse d’autoritarisme ».

(Source : Un texte très inquiétant, par Mathieu Bock-Côté, La Presse, le 29 mai 2008)

Theodore Dalrymple est le nom de plume de Anthony Daniels. Psychiatre, il a pratiqué la médecine au Zimbabwe et en Tanzanie avant de retourner en Grande-Bretagne, son pays de naissance, où il a exercé comme médecin dans des prisons. Il est maintenant l’un des rédacteurs en chef de City Journal, et Fellow de l’Institut Dietrich Weismann de Manhattan.

Traduction de : A Confusion of Tongues, par Theodore Dalrymple, City Journal, Spring 2008, vol. 18, no. 2

Agissant récemment comme témoin expert dans un procès pour meurtre, j’ai pris conscience d’un petit problème juridique causé par la nature de plus en plus multiculturelle de notre société. Selon le droit anglais, un homme est coupable de meurtre s’il tue quelqu’un avec l’intention de tuer ou de blesser gravement. Mais il se rend coupable du crime moins grave d’homicide involontaire coupable s’il a été suffisamment provoqué ou si son état d’esprit à l’époque était suffisamment anormal pour réduire sa responsabilité.

Le critère juridique consiste en une comparaison avec le soi-disant homme ordinaire – l’homme du Clapham omnibus, selon le cliché juridique. Est-ce que cet « homme ordinaire » se sentirait provoqué dans des circonstances similaires ? Est-ce que l’état d’esprit de l’accusé au moment du meurtre était très différent de celui d’un homme moyen ?

Mais qui est cet homme ordinaire de nos jours, maintenant qu’il pourrait provenir d’une centaine de pays ?

L’accusé dans le présent cas était un sikh né à l’étranger qui avait épousé, et tué, une femme de la même minorité, née au pays. La défense a fait valoir – sans succès – qu’un homme ordinaire partageant la culture traditionnelle du défendeur aurait trouvé les infidélités répétées de la femme particulièrement blessantes et aurait donc agi de la même manière.

Pour l’instant, les tribunaux ont rejeté cette argumentation. L’affaire a toutefois eu lieu, par hasard, durant la semaine où l’archevêque de Canterbury, Rowan Williams, a suggéré que l’intégration d’une partie de la charia dans le droit britannique « semble inévitable », et que les gens dans une société multiculturelle comme la Grande-Bretagne devraient être en mesure de choisir le régime juridique auquel ils veulent être assujettis.

Contrairement à ces points de vue, c’était encourageant de voir dans le jury un homme d’un autre groupe minoritaire traditionnellement hostile à celui de l’accusé. Le droit de refuser un candidat juré sans fournir de raison, qui autrefois aurait disqualifié cet homme, a été réduit ces dernières années en raison d’une pénurie de jurés. C’est tout aussi bien, étant donné que le droit de refuser un candidat juré sape la justification même du système de jury, à savoir que les hommes ordinaires, quels que soient leurs antécédents, peuvent suspendre leurs préjugés et juger leurs pairs sur la seule base de la preuve présentée.

À SUIVRE…