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L’HISTOIRE VRAIE DE LA FÉE DES DENTS

Il était une fois, une toute petite fée qui s’ennuyait TERRIBLEMENT.

Fée-Marraine lui avait pourtant promis de lui confier une mission dès qu’elle serait assez grande pour bien l’accomplir.

– Une mission de la plus HAUTE importance, avait dit Fée-Marraine.

Mais le problème, c’est que la petite fée ne grandissait plus depuis plusieurs éclipses de lune, et Fée-Marraine semblait l’avoir oubliée…

Petite-Fée devenait de plus en plus morose…

Tous les trente-six jours, elle se mesurait et se désespérait de ne pouvoir ajouter une ligne supplémentaire au mur servant de mesure-fée.

Un beau matin de mai, Marc-Antoine se réveilla tout inquiet.

Il courut vers sa maman et lui dit :

– Regarde, maman, j’ai une dent qui bouge! Qu’est-ce qui m’arrive? Vais-je devenir comme le vieux monsieur à qui l’on donne des sous quand on marche devant le grand magasin du centre-ville?

Maman Sophie pinça la dent et, effectivement, constata que celle-ci ne tenait plus que par un fil.

– C’est ta première dent de bébé qui va tomber, Marc-Antoine, lui dit-elle. C’est ainsi que ça se passe pour tous les enfants. Toutes les dents de bébé tombent, l’une après l’autre, pour faire place à d’autres dents plus grosses – les dents d’adulte!

Marc-Antoine partit pour l’école très perplexe. Il ne voulait pas, mais pas du tout, perdre ses belles dents blanches; qu’arriverait-il si les autres ne poussaient pas?

Pourtant, ce qui devait arriver arriva : Marc-Antoine revint de l’école avec sa petite dent au creux de la main.

Quand il se regarda dans le miroir et qu’il sourit à son reflet, il vit un gros trou, en plein milieu de son sourire.

Il se mit à pleurer et ne fut pas consolable de toute la soirée. Il ne voulait se défaire de sa dent sous aucun prétexte.

C’est ainsi qu’il se coucha, recroquevillé sur le côté, sa menotte tenant fermement sa dent sous son oreiller.

Fée-Marraine, qui revenait d’un cours de perfectionnement à Poudlard, l’école la plus réputée pour sorciers, fées et elfes, entendit les pleurs du petit garçon en passant au-dessus de sa maison.

Avec toutes les leçons reçues, ses oreilles étaient super-performantes.

Elle ne mit pas beaucoup de temps à deviner le grand malheur de Marc-Antoine.

Mais comment pourrait-elle consoler ce petit garçon et tous les autres enfants qui perdaient leurs dents?

À suivre……

DEUXIÈME PARTIE