Art et culture
Accueil -> culture -> Louise Turgeon DE TOUT DE RIEN ->

Statistique Canada exclut Impératif français

Statistique Canada a refusé à Impératif français l’accès à sa séance d’information sur les données linguistiques au Canada relative au dernier recensement, qui s’est tenu à huis clos, le 4 décembre, mais y admet le Quebec Community Groups Network.

« Cette décision de Statistique Canada est une gifle aux francophones du Canada. Alors que les données devraient confirmer, encore une fois, la tendance au rapetissement de la place du français au Canada, il conviendrait que les groupes de défense du français aient accès à ce huis clos », a affirmé Jean-Paul Perreault, président d’Impératif français.

Or, Statistique Canada a préfèré dérouler le tapis rouge aux agents d’anglicisation du Québec que sont le Quebec Community Groups Network financé par Patrimoine Canada à hauteur de
750 000 $ en 2007!

« L’objectif de Statistique Canada semble claire : permettre à ceux qui font la promotion de l’anglais au Québec de faire valoir, en priorité, leur point de vue et, par ailleurs, limiter l’accès à l’information de ceux qui oeuvrent à la défense du français au Québec et au Canada. Comme si l’anglais avait davantage besoin d’attention et de protection au Québec que le français! »

« En agissant ainsi, Statistique Canada mérite des félicitations de Lord Durham! »

Recensement 2006 :
le rapport Durham toujours en vigueur!

Le recensement de 2006 le confirme. Les recommandations de Lord Durham sont toujours en vigueur au Canada. La défrancisation du Canada se poursuit grâce à l’assimilation des francophones et l’anglicisation des immigrants tel que le recommandait Lord Durham dans son désormais célèbre rapport.

Langue maternelle :

– dans l’ensemble canadien, la proportion de Canadiens de langue maternelle française ne cesse de décroître passant, entre 1951 et 2006, de 29 % à 22 %.

– à l’extérieur du Québec, entre 1951 et 2006, la proportion de Canadiens de langue maternelle française passe de 7,3 % à 4,1%.

– au Québec, entre 1951 et 2006, la proportion de francophones de langue maternelle française est passée de 82,5 % à 79,6%.

Langue d’usage :

– au Canada, entre 1971 et 2006, la proportion de Canadiens – incluant le Québec- parlant le français le plus souvent à la maison est passée de 25,7 % à 21,4 %

– hors Québec, entre 1971 et 2006, la proportion est passée de 4,3 % à 2,5 %

– selon le recensement de 2006, le taux d’assimilation des francophones hors Québec serait de 38 %

– selon le recensement de 2006, au Canada, incluant le Québec, la langue anglaise, comme langue d’usage, fait des gains faramineux de 2 784 880 locuteurs, soit près de 40 % de la population francophone, grâce à l’assimilation des francophones et des allophones

– au Québec, selon le recensement de 2006, la langue anglaise voit son importance augmenter de 29,8 % grâce aux transferts linguistiques en provenance des allophones, la communauté de langue anglaise attirant près de 52 % des transferts linguistiques bien qu’elle ne représente que 8,2 % de la population totale québécoise

Plus de doute possible, le Canada défrancise, le Canada anglicise!

Pendant qu’au Canada se poursuivent l’assimilation, la minorisation et la banalisation de la langue française et de la francophonie, le gouvernement du Canada profite du 150e anniversaire de la capitale fédérale, Ottawa, pour rendre hommage à Lord Durham.

En créant la commission Bernard Lord, le gouvernement du Canada cherche-t-il à noyer le poisson comme cela est arrivé si souvent dans l’histoire récente du Canada?

Quels accommodements » raisonnables » aura à proposer au Québec la commission Bouchard-Taylor pour s’assurer que les Québécois issus de l’immigration et la population anglophone du Québec participent à la promotion et au rayonnement de l’identité québécoise?

Source :

Jean-Paul Perreault
Président
Impératif français
Recherche et communications
IMPÉRATIF FRANÇAIS