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Pendant des années, la Société des alcools du Québec a offert des produits de qualité. Entre la commission des liqueurs et la SAQ d’aujourd’hui, il y a la distance de la terre à la lune.

Je me souviens, et vous peut-être aussi, de l’établissement situé au pied de la côte de la rue Lindsay à Drummondville. On entrait là avec l’impression d’entrer dans la caverne d’Ali Baba. C’était une petite pièce sombre, fermée, débouchant sur un grillage derrière lequel se tenait un employé. Nous demandions ce que nous voulions après avoir consulté une liste apposée au mur, et il allait chercher la bouteille. Non, je ne suis pas si vieux que ça, c’était à la fin des années soixante…

Aujourd’hui, nous y entrons presque avec le sentiment de pénétrer dans un palais, mais c’est un leurre. Il y a plus de choix, c’est vrai. Mais quel choix? Et à quel prix? La SAQ a contribué à éduquer notre goût en matière de vin de sorte que ce n’est plus le gros gin qui fait le chiffre d’affaire. Tout à coup, nous apprenons que non seulement la SAQ est en train de fermer le robinet de la qualité, mais qu’en plus, grâce à un subterfuge, elle nous vole… Ils ont essayé de convaincre leurs fournisseurs d’augmenter artificiellement le prix de leurs produits afin d’augmenter les retombées dans les coffres du gouvernement, par taxe interposée. Qu’est-ce qu’il fait le gouvernement avec tout cet argent qui est en fait le nôtre?

Et, remarquez bien, je n’ai même pas parlé de Loto Québec qui, pour empocher et satisfaire l’appétit insatiable de notre bon gouvernement, contribue au développement de graves problèmes sociaux.

Quand aurons-nous un gouvernement capable de mettre le bien commun et le bien-être des citoyens au premier plan de ses politiques? Pour que cela arrive un jour, il faudra que nous choisissions d’élire des gens qui ressemblent davantage à Gro Harlem Brundtland qu’à Jean Charest ou Rambo Harper. Des gens qui pensent comme Mme Brundtland que le développement doit d’abord et avant tout répondre aux besoins des générations présentes en répartissant équitablement les fruits de la croissance, sans compromettre la capacité des générations futures de satisfaire leurs besoins. Méchant changement de paradigme!

Entre temps, nous sommes menés par des générations de politiciens qui ont le culot et l’indécence de nous parler de ces sociétés d’état comme étant propriétés du peuple. Et pourtant, ils vident la caisse sans même nous en aviser ou nous informer de ce qu’ils feront de son contenu et, en plus, ils ont le toupet de nous demander de la remplir à nouveau!

GILLES THÉBERGE