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On parle de plus en plus de la notion dite d’imputabilité. On devrait plutôt parler de reddition de comptes, mais peu importe. À quoi réfère-t-on au juste quand on en parle, puisque ce ne sont pas les décideurs qui payent le coût de leurs erreurs, mais toujours les mêmes : nous!

Pendant les années glorieuses de la construction des barrages, les politiciens ne tarissaient pas d’espoirs. Avec l’électricité, l’avenir serait meilleur, le Québec et les Québécois seraient plus riches. Le résultat, quel est-il ? Le résultat, chers amis, c’est qu’en Alberta, il n’y a plus aujourd’hui de taxe de vente provinciale, et que des chèques, sorte de dividendes, sont remis aux citoyens.

Pendant ce temps au Québec, des efforts considérables sont déployés pour bien faire comprendre aux gens que lorsqu’ils chauffent leur demeure à moins trente degrés pour garder le froid dehors, c’est pas bien. Non, quand les gens chauffent leur demeure pour y vivre à l’aise, ils gaspillent l’électricité. Conséquemment, ils doivent être mis au pas. Ce gaspillage éhonté doit cesser, et les chers tarifs doivent augmenter. Que voulez-vous, le secteur distribution ne serait pas rentable…

Que diriez-vous que nous allions nous même fermer les thermostats chez les Charest, Bouchard, Landry et autres Facal ? Pensez-vous vraiment qu’ils se font geler pour être congruents avec leurs conclusions sur notre gaspillage ?

Pendant des années, les fonds de la SAAQ croissaient. Grâce à la capitalisation et avec le concours de la caisse de dépôt, la Société voguait vers un état de richesse confortable. Normal, vu sa mission. Vous avez certainement en mémoire le fait qu’une partie de ces fonds devait d’abord servir aux accidentés de la route et une autre à l’entretien du réseau routier. Vous vous souvenez de cela n’est-ce pas ? Quel est le résultat ?

Le résultat, c’est que bientôt les coffres de la Société d’assurance automobile du Québec seront vides, nous dit-on? Les routes, n’en parlons pas! Vous savez aussi bien que moi dans quel état elles sont. Et pourquoi tout ça ? Parce que les gouvernements, à commencer par celui du PQ, ont pigé allègrement dans le trésor de la SAAQ. Plus de deux milliards de dollars ont ainsi été détournés vers le Fonds consolidé du revenu de 1987 à 1995. Qu’est-ce qu’ils ont fait avec cet argent, le savez-vous ? Comment est-ce que cela vous a enrichi ? Qui a pris ces décisions, où est-il ce grand sage ? Et qui va payer pour ça ? Les décideurs ? Non, c’est vous qui allez payer ce gâchis.

À suivre demain…

GILLES THÉBERGE