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VOYAGE AU COEUR D’UNE MAISON ABANDONNÉE (2)

Ce que je craignais le plus arriva un dimanche, le 28 janvier.

Luc étant absent pour quelques jours, je décide d’aller visiter ses parents et par la même occasion rencontrer leur fille et mon beau-frère, venus de Laval.

J’arrive et c’est le branle-bas…. tout le monde est énervé.

Grand-papa vient d’avoir une faiblesse (il tousse beaucoup) et il marche en se tenant aux murs. Grand-maman est assise impuissante dans le salon et montre des signes de grande nervosité; elle nous apprend que ça n’est pas la première fois que ça arrive…

Manon déclare qu’il est absolument impossible de laisser ses parents dans cet état seuls plus longtemps; qu’il faut faire quelque chose. Elle ne veut pas quitter Joliette sans que ses parents n’aient une solution pour cette nuit.

Commence alors la ronde des téléphones. Entre autres, le CLSC, une résidence (ils prennent des personnes autonomes),
une autre (ils n’ont pas de place), et je suggère de téléphoner à la propriétaire de deux résidences (une pour personnes autonomes et une autre pour personnes en perte d’autonomie).

MIRACLE !!!

Sylvie Lespérance prend alors les commandes et mène le tout rondement. Une personne de grandes ressources à qui nous devons beaucoup.

Elle enverra, pour passer la nuit, une de ses employées; celle-ci restera à la maison jusqu’à ce qu’un appartement 3½ libre soit nettoyé le lundi matin à la résidence pour personnes autonomes.

Lundi après-midi, courte visite au médecin qui s’occupe des résidents pour voir comment va le grand-père. Gros rhume mais rien de plus qu’un grand repos ne puisse régler.

De mon côté, je prépare tout ce qu’ils doivent apporter: literie, serviettes, quelques articles de cuisine (vaisselle, ustensiles) car même s’ils vont à la salle à dîner, ils pourront se faire de petites collations.
Courses à la banque, etc…

Grand-maman est cédulée pour passer des examens à l’hôpital durant la semaine et des tests d’allergie à Laval; la jeune employée qui est restée chez eux va l’accompagner.

FIOU !!! Pour nous, c’est le soulagement. On ne signe rien, on espère qu’ils vont aimer cet endroit et s’adapter. Mais eux, dans leur tête, c’est pour un mois, deux peut-être, le temps que l’on revienne de voyage.

On ne déplace pas des personnes âgées ainsi sans les perturber…..

Grand-papa a toujours su s’adapter aux situations. Il accepte son sort avec sérénité bien qu’on remarque des petits égarements…. mais qui ne serait pas égaré…

Grand-maman quant à elle ne va pas très bien – très angoissée et même obsessive – elle dit à tous avec conviction pendant 3 jours qu’elle ne sera pas là demain, qu’elle va se suicider ou qu’elle veut mourir.

On ne prend pas la chose à la légère à la Résidence et après plusieurs visites de l’infirmière, les encouragements de tous, son entêtement à ne pas vouloir aller à la salle à dîner, Sylvie nous dit qu’elle doit être transférée à l’autre résidence.

Premièrement pour contrôler les médicaments qu’elle prend de façon abusive et pour éviter qu’elle ne commette un geste regrettable comme s’enfuir ou plus….

Grand-maman sera donc transférée pour 3 semaines dans une aile de l’autre résidence où toutes les sorties sont contrôlées et où les résidents ont besoin de ce genre de soins….

Deuxième déménagement….

Grand-papa demeure dans son 3½ ! Quand grand-maman ira mieux et quand on aura réussi à tout remettre en ordre dans sa médication et du côté moral, elle reviendra avec lui.

Il est tellement malade de son rhume qu’il ne fait que manger et dormir…. Cette séparation lui sera bénéfique pour reprendre des forces.

De son côté, grand-maman trouve la médecine forte mais avec le temps, elle devient plus calme et se sent en sécurité même si elle ne veut pas rester dans cette aile.

Nous, pendant ce temps, nous commençons à penser à la Tunisie…. le temps avance et le stress de la situation nous étreint. J’ai beau essayer de penser que je serai au soleil et à la mer, aucune image ne s’impose dans ma tête. Comme le grand vide.

Et pour annuler un voyage et nous faire rembourser il faut plus que ce qui se passe… nous dansons la cha-cha-cha…. Trois pas en avant, trois pas en arrière….

Luc commence à être sérieusement nerveux et cela se manifeste par un manque de patience évident….

De plus, notre petit-fils de 8 mois tombe malade et doit être hospitalisé. Plus rien d’autre ne compte pour moi que ce petit enfant chéri qu’on doit prendre, bercer, promener avec son soluté attaché dans son petit bras….

Et février nous apportera sa cargaison de microbes, transportés de l’un à l’autre, dans une ronde infernale…. Nous y passons tous, qui du rhume, qui de la gastro. Le moral est à zéro.

À SUIVRE…