Art et culture
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Si vous avez lu mes chroniques précédentes, vous avez appris que je n’ai pas pu partir pour la Tunisie comme planifié le 5 mars.

Voyage qui avait été réservé en novembre et dont nous faisions partie avec 4 autres couples d’amis.

Nous avons dû, Luc et moi, annuler la veille du départ car la mère de Luc n’était vraiment pas bien.

J’aimerais partager avec vous ce qui nous arrive.

Pas pour me plaindre, loin de là, mais pour vous apporter matière à réflexion.

Les parents de Luc sont très âgés. (91 pour le père, 80 pour la mère)

Depuis plusieurs années, je leur suggérais d’envisager de quitter leur maison pour choisir eux-mêmes une jolie résidence pour personnes autonomes(pas un hospice!), déménager leurs objets les plus précieux et, ainsi, se faire un nouveau chez-eux mieux adapté à leurs besoins qui devenaient de plus en plus criants.

Ils avaient tous les choix car leurs revenus le leur permettaient.

Je dois vous dire que la maman ne fait plus rien à la maison depuis au moins 10 ans vu un état de santé moral et physique en grande perte d’autonomie.

C’est donc le papa qui « faisait l’ordinaire » comme on dit dans cette génération.

Une dame venait faire le ménage, une autre venait préparer des repas pour une semaine, le CLSC venait pour le bain 2 fois semaine, on avait l’équipement approprié, des bénévoles venaient faire la causette à la maman régulièrement, Luc aidait pour tous les papiers et commissions qui demandaient plus qu’un simple petit déplacement en voiture (papa conduisait encore sa voiture), leur fille et sa famille et nous les visitions et téléphonions régulièrement, etc…

Tout du bon monde, quoi !

Je voyais venir ce qui est arrivé avec grande appréhension et pour eux et pour nous.

Même que des fois, je poussais un peu fort…

Mais Luc disait : « Ils ne sont pas séniles, il n’est pas question que je les force à déménager ; moi je ne voudrais pas que personne m’OBLIGE à faire quelque chose que je ne veux pas, ma liberté de pensée ou d’action m’est trop précieuse pour que je brime celle des autres. On prend des décisions et on vit avec les conséquences! »

Ben évidemment, comme dirait Antoine Beauchemin !!!!

Quand on allait les visiter, tout le verni semblait éclatant, mais….. il n’y a pas pire aveugle qu’un aveugle qui veut pas voir…. et, sans vouloir passer pour plus fine que les autres, le verni ne m’aveuglait pas….

Comme j’avais vu de gros abandons moraux faits par mes parents avant leur décès; malgré que leur situation physique était on ne peut plus adéquate (ils habitaient Les Marronniers de Laval où on a pris soin d’eux avec un amour et une gentillesse extrêmes) je me disais : « Ça va être l’enfer quand va venir le temps des non-choix! »

À SUIVRE….