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« entre mes paumes
je soutiens l’air

mais tout s’en va. »

“entre las palmas
sostengo el aire

pero todo se va.”

Ce recueil se divise en quatre parties.

La première partie raconte, à contre–voile, « les décibels d’une histoire / qui a été interrompue… pour arriver là…, avec cette « idée fixe / derrière les yeux » (p. 11), « briller dans l’inhospitalier » (p. 19), de subsister à tout à tout prix, pour être « jardin/ à la porte toujours ouverte,…abondance de fruits…, ombre gigantesque » (p. 23).

Cette première partie parle de cette vie « à tâtons » (p. 13) entre le réel et ce que nous en imaginons, entre la pseudo-certitude et l’incertitude tant de la lumière, de la nuit, de la vie, de la mort et de l’amour. De cette vie entre les baisers, les « bateaux de papier/ qui ont fait naufrage » et le somnifère de la fin.

« Entre mes paumes, dit la poète, je soutiens l’air/ mais tout s’en va » (p. 17). Intemporelle depuis toujours, elle est celle « qui au passage de l’aube / sort pour trouver le monde endormi. »(p. 27).

La deuxième partie, intitulée Petites mains, évoque un retour hypothétique à l’enfance qui, s’il se réalisait, lui permettrait de jouer « à vivre avec son père » (p. 31) Gabriela Botti y parle de ce « trou sans air » (p. 33) qu’elle habite « depuis (sa) plus lointaine mémoire » (p. 33) et où elle se réfugie pour « résoudre les devinettes de (son) enfance » (p. 35), y retrouver le langage de l’eau — le seul qu’elle comprend –, y « tracer…la lumière réfractée sur (le) cœur de pain » (p. 39) de Mario, « avaler la lumière à moitié » (p. 41) et y retrouver les petits pains à l’orange de sa grand-mère tout en rêvant de recevoir, un jour, de Dieu ou de celui ou celle qui parle en son nom « une bouchée de fleur » (p. 45) pour adoucir un peu cette douleur insurmontable de l’abandon du père.

La troisième partie s’appelle Après-midi dans le vent. Ici, Gabriela espère que les blessures vieillies, le vent des colères apaisé et tout le non-dit de ces années antérieures seront ses « ponts de soulagement » (p. 51) et lui mettront du « sommeil au fond des paupières » (p. 51).

Mais comment cela peut-il arriver quand elle vit « en muselant les voix/ qui crient / sans passer par (sa) gorge » et qu’il « n’y a pas de place pour eux/ sous le soleil/calcinant. » ? (p. 55) Mais comment cela peut-il arriver quand son « inclinaison pour l’agonie » (p. 57) se bat avec sa « recherche d’un portail lumineux » (p. 57) pendant que ses « paupières (sont) fatiguées de résister à l’assaut » (p. 57) et qu’elle contient « l’air et les palpitations » (p. 59) ?

Cela arrivera si le cri « ne me laisse pas/ au fracas d’averse et de mer profonde » (p. 59) est entendu et bien que l’autre ne la voit pas. Cela arrivera si l’autre vient la « chercher/dans la chambre de lumière/ et coagule/ le torrent d’eau de (ses) yeux » (p. 65) et la libère de « la contrainte de (sa) peau (de) trente nuits » (p. 67) et de sa « crainte de mourir ici/ de ce côté de la rive » (p. 69) un après-midi où elle parle seule.

Et la Lumière contenue comblera la Quatrième partie

L’AUTEURE :

Née à Monterrey (Nuevo León), GABRIELLE BOTTI vit depuis plus de vingt ans à Guadalajara (Jalisco).

Les éditions Literalia ont publié son recueil Preámbulo de la luz (2003), A contravela (2004) recueil de poèmes sur la mer.

Elle est membre de la direction littéraire des éditions Literalia.

À CONTRE-VOILE/
A CONTRAVELA
Gabriela Botti
Traduction: Denys Bélanger
LES ÉDITIONS LES ÉCRITS DES FORGES
CO-ÉDITEUR : LITERALIA EDITORES
2005 – 100 pages – 14,00$ – 15,00 euros

LES ÉCRITS DES FORGES

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