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Danny Plourde reçoit le prix Émile-Nelligan 2007 pour Calme aurore (s’unir ailleurs, du napalm plein l’œil)

Danny Plourde a reçu cette semaine le prix Émile-Nelligan 2007 pour son recueil de poèmes Calme aurore (s’unir ailleurs, du napalm plein l’œil) publié à l’Hexagone au printemps 2007.

Ce prix, décerné à un poète de 35 ans ou moins, comporte une bourse de 7 500 $ et une médaille en bronze frappée à l’effigie d’Émile Nelligan à l’Hôtel de la Monnaie à Paris, une œuvre de James Guitet.

En recevant la bourse de 7 500 $, le poète a annoncé qu’il verserait 2 500 $ au magazine L’Itinéraire.

Présidé par Jacques Paquin, le jury 2007 était composé de Michel Garneau et d’Élise Turcotte.

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Calme aurore (s’unir ailleurs, du napalm plein l’œil) est le deuxième recueil de Danny Plourde, après la parution, en 2004, de Vers quelque (sommes nombreux à être seul).

Comme dans son livre précédent, l’auteur a éliminé le « je »€ de son vocabulaire, ce qui crée une perspective déstabilisante pour le lecteur. Mais, malgré l’absence de ce pronom, ses textes restent très personnels, autant les quatre premières parties qui traitent de sa « sur-vie » au Québec, que les deux dernières qui se déroulent en Corée où il est parti à la rencontre de son aurore, de son amour.

Après tout on a tous besoin une fois de temps en temps d’aller conter un bout écorché de sa vie à quelqu’un parfois on le fait pour une belle inconnue qui ne parle pas un traître mot de notre langue

Catapulté par cet élan amoureux jusqu’en Corée du Sud, Danny Plourde n’a pu éviter le choc culturel. Après un mois de frénésie, la musique du quotidien s’est installée, laissant ainsi la place à l’écriture de Calme aurore pendant les deux autres mois qu’il lui restait à passer dans ce pays inconnu.

Un bout du monde que connaissais à peine avant que tu me prennes dans tes plumes
l’idée que me faisais de la Corée était plutôt simpliste une marionnette manipulée par la main glauque de l’Oncle Sam

Peut-être justement parce qu’il est si loin de son Québec natal, Danny Plourde ressent plus que jamais le besoin de s’affirmer en tant que Québécois dans le monde. Cette conscience identitaire aiguisée ne l’empêche pas de rester très critique envers lui-même et sa société d’origine, ainsi qu’envers le pays qu’il découvre.

un sans-cœur en tabarnak qui peut-être ne saura jamais vaincre sa peur d’être libre
et même si me sens toujours si nombreux lorsque suis seul ne parle et ne parlerai qu’en mon nom

Avec Calme aurore, constitué de deux parties en prose (au Québec), deux en vers libres (une zone de transition), et les deux dernières en prose (en Corée), on retrouve le Danny Plourde engagé et sensible de Vers quelque.

à mon humble avis le poème doit être quelque chose comme un pied-de-biche qui écartille les paupières malgré le froid qui pince dehors

Calme aurore

Entretien avec Danny Plourde

LES ÉDITIONS DE L’HEXAGONE