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Chronique de Lysette Brochu

DES GRAINS DE SEL
Dominique Blondeau
Collection : Écrire
Éditions Trois-Pistoles
103 p. – 2002 – 18,95$

Le ton du livre est intime, comme si Dominique Blondeau était là, avec nous, dans la même pièce, à nous faire ses confidences. Parfois elle évoque le Maroc de ses origines… le Québec aussi, sa terre d’adoption, mais toujours avec discrétion et en lien avec son monde littéraire. Nous la suivons avec intérêt, nous la surprenons à penser au fur et à mesure de ses notes…

L’écrivaine nous affirme qu’écrire a été « plus précieux » pour elle « que penser à une éventuelle publication » et qu’il lui a été souvent <i<« éprouvant d'entendre parler de ses livres ». Il est facile de la croire, car je la devine solitaire, courageuse, mais timide. Elle nous parle avec respect de ses rapports avec ses éditeurs, de Jean-Guy Pilon, de Hubert Aquin, de Gilbert Larocque, de Marie-Madeleine Raoult…

L’auteure a publié une quinzaine de livres depuis 1971 et si elle fait l’éloge de la lenteur, elle a l’oisiveté en horreur.

Dans son rôle de « Pygmalion », on y apprend que la romancière use de psychologie lorsqu’elle crée ses personnages, qu’elle aime « raconter des histoires qui tiennent davantage de la musicalité du phrasé que de l’intérêt de l’intrigue »…

Si elle a des réserves au sujet des ateliers d’écriture, c’est qu’elle n’est pas certaine que nous pouvons « apprendre à écrire ». J’ai trouvé son point de vue très intéressant…

Grande liseuse, elle insiste sur l’importance de lire avant d’écrire. Elle avoue qu’elle préfère les livres aux auteurs, qu’elle n’a jamais été friande des contes de fées ni de la Comtesse de Ségur. J’étais déçue de ne pas partager ma passion avec elle, mais j’ai apprécié son honnêteté et j’ai compris ses raisons.

Cette femme de lettres a lu Balzac, Proust, Virginia Woolf, Charles Morgan… et si elle lit beaucoup de poésie, elle confesse très humblement « … je suis incapable d’en écrire ».

Le livre, dans un élégant format de poche, nous présente une page manuscrite… écriture fine qu’elle juge sévèrement, la qualifiant d’illisible. Décidément, madame Blondeau est une perfectionniste.

Autre titre présenté chez Planète Québec :

Une île de rêves

Chronique parue sur cette auteure :

Du Maroc au Québec