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En quelques lignes, comment résumeriez-vous votre roman ?

C’est un genre de thriller ou de roman-enquête basé sur des faits historiques. Il y a plusieurs intrigues qui s’entrecroisent. Les personnages principaux découvrent graduellement les liens entre ces intrigues et les sous-marins allemands qui sont venus dans le golfe Saint-Laurent pendant la Seconde Guerre mondiale.

Est-ce une suite de votre roman précédent, L’impératrice d’Irlande ?

Oui et non. C’est le même narrateur, Claude Beaupré, et les thèmes sont semblables, mais les deux histoires sont complètement indépendantes.

Qui est Claude Beaupré par rapport à vous ?

Plusieurs de mes amis me posent cette question. Évidemment, un quadragénaire de Québec avec un penchant pour la mer, les vieux voiliers et la Gaspésie, ça me ressemble pas mal. Mais je m’empresse d’ajouter que Claude Beaupré demeure un personnage fictif. Il n’a pas le même passé que moi ni les mêmes comportements.

Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre et à le publier ?
Je savais depuis longtemps que des sous-marins allemands étaient venus dans le golfe, mais, comme la majorité des Québécois, j’avais peu d’informations à ce sujet. J’ai donc été très surpris d’apprendre que, en 1942, ces fameux U-Bootes avaient coulé une vingtaine de bateaux sur les côtes gaspésiennes et, qu’en plus, ils avaient débarqué des espions (au moins un, à New Carlisle). La Gaspésie, l’histoire, des faits étrangement méconnus… c’était vraiment le sujet idéal pour moi.

À votre avis, à qui votre livre s’adresse-t-il ?

C’est un roman au rythme rapide, il y a pas mal de rebondissements et la structure est conçue pour maintenir l’intérêt. Mais le but n’est pas seulement de divertir, ce roman vise aussi à informer et à susciter une réflexion. C’est donc un livre qui s’adresse à un large éventail de lecteurs.

En quoi se distingue-t-il si on le compare à d’autres livres traitant du même sujet ?

Plusieurs romans et films traitent des sous-marins allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, mais, à ma connaissance, aucun ne parle de ceux qui sont venus en Gaspésie. Dans Belle comme un naufrage, les redoutables U-Bootes de Donitz et de Hitler apparaissent en face de Cap-Chat, de L’Anse-au-Griffon, de Cap-des-Rosiers… Et ces éléments du roman ne sont pas de la fiction : les lieux, les dates et les circonstances des torpillages, par exemple, sont rigoureusement exacts.

Quels sont vos rituels d’écriture ?

J’écris surtout le matin dans une véranda pendant que le soleil se lève derrière les arbres et les immeubles du quartier. Parfois je mets de la musique, surtout Bach, mais il n’y a rien de plus agréable à mon oreille que le bruit du vent et de la pluie. Depuis quelques temps, une tête de pierre du peuple Cham rapportée du Vietnam me sert de muse. Son petit sourire de Joconde à l’orientale évolue avec le soleil.

Quels sont les écrivains et les œuvres qui vous ont le plus marqué ?

Le premier véritable choc est venu vers la fin de l’adolescence avec Les misérables de Victor Hugo. Je suis encore fasciné par cette œuvre, grande et puissante comme un tableau de Delacroix, pleine de lumière, traversée par un souffle de générosité et de justice sociale.
Mon goût pour les histoires de marins vient surtout d’Herman Melville (Moby Dick) et de Jack London (Le loup des mers), mais aussi d’Hemingway (Le vieil homme et la mer), de Stevenson (L’île au trésor), encore de Hugo (Les travailleurs de la mer), de Tournier (Vendredi ou les limbes du Pacifique), plus récemment, de Yann Martel (Histoire de Pi). Et même s’il ne s’agit pas de romans, je ne peux passer sous silence les films de Pierre Perrault sur la chasse au marsouin et les goélettes de Charlevoix ni les chansons de Brel, de Vigneault et de Renaud.

Dans le roman en général, il y a eu Boris Vian, Henry Miller et plusieurs autres, mais, au cours des dernières années, c’est l’extraordinaire folie de Daniel Pennac qui m’a le plus impressionné. Je garde aussi dans ma bibliothèque, comme des biens précieux, les œuvres de nombreux auteurs québécois, dont Michel Tremblay (roman et théâtre). Et j’ai une affection toute particulière pour Yves Thériault dont le Agaguk qui a marqué mon adolescence.

Qu’est-ce qui vous passionne ?

Beaucoup de choses, presque tout, en fait. Toutes les formes d’art m’interpellent, j’aimerais les pratiquer toutes, surtout le théâtre et le cinéma. Et aussi toutes les formes d’aventure. Pas seulement celles de la mer. Je rêve aussi de traverser le désert, d’escalader des montagnes, de faire le tour du monde en ballon…

Quels sont vos projets à venir ?

Un troisième roman, peut-être sur les goélettes de Charlevoix. Une deuxième pièce de théâtre en misant autant sur la scénographie que sur le texte. Et pourquoi pas un scénario de film…

Source :

VLB ÉDITEUR