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Inéluctable, la mort fascine et effraie.

Pour l’apprivoiser, les humains l’ont personnifiée, lui ont donné des apparences, des figures, sans jamais parvenir à se détacher de l’envoûtement qu’elle exerce encore et toujours.

De ces sentiments ambivalents émergent les personnages du recueil de FRANCE DUCASSE : La Mort ne tue personne.

Qu’ils soient adultes ou enfants, jeunes ou vieux, tous doivent faire le deuil d’un être aimé, d’un amour, d’une vie passée.

Quand Dao, immigrant vietnamien, vit le suicide de sa soeur, c’est toute la ville qui entend sa douleur. Ancrée dans le béton, la solitude de ces citadins étouffée par la promiscuité ne rend que plus tangible tout le désespoir ressenti par ceux qui sont laissés derrière. Pour cette famille qui rêvait d’une vie meilleure, le déracinement aura été fatal.

France Ducasse nous entraîne au-delà de la vision fataliste de la mort.

Du chaos créé par un deuil émerge une vie nouvelle : les moines d’un monastère confrontés à une situation d’urgence s’ouvrent à leur communauté et accueillent des étrangers ; de même la découverte d’un noyé sur une plage de l’île d’Orléans permet à une famille de renouer avec le passé, de rassembler des êtres solitaires et de réanimer une vieille légende oubliée.

Usant avec délicatesse de l’écho que permet le recueil de nouvelles, France Ducasse met en scène le cycle éternel de la vie. Il se tisse ainsi un fil, qui pourrait être celui d’Ariane, celui de la remontée vers la lumière.

Guidée par la délicatesse et la sincérité de l’écriture, la lecture de La Mort ne tue personne laisse songeur, un brin nostalgique mais surtout reconnaissant pour l’auteure qui a su si bien s’approcher d’un sujet aussi délicat qu’universel.

Critique d’Uparathi

L’AUTEURE :

FRANCE DUCASSE vit à Québec. Ses nombreuses publications lui ont valu maints signes de reconnaissance du milieu littéraire, notamment des nominations aux prix du Gouverneur général et au prix Molson de l’Académie canadienne-française, ainsi qu’à celui de l’Institut canadien de Québec. Elle avait auparavant fait paraître un roman, La matamata (1998) chez cet éditeur.

LA MORT NE TUE PERSONNE
France Ducasse
LES ÉDITIONS L’INSTANT MÊME
162 pages – 17,95 $

LES ÉDITIONS L’INSTANT MÊME