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Dans une Belgrade contemporaine dévastée par la guerre civile, Aleksandar, psychologue qui combat le désespoir ambiant par un cynisme à toute épreuve, s’applique à soigner ces autres victimes de la guerre que sont les soldats et les civils en détresse post-traumatique.

Tandis qu’il poursuit ses consultations à son domicile, sa vie familiale périclite à vue d’œil.

Son fils, Goran, adolescent atteint d’une grave maladie héréditaire, qui, dans l’état actuel du pays, ne peut bénéficier de l’opération qui le sauverait, attend la mort en écoutant à tue-tête de la musique turbo-folk.

Sa femme, Zlata, psychiatre revenue de tout et beauté fatale, noie ses rêves brisés dans la poire Williams.

Aleksandar la soupçonne d’entretenir une liaison avec leur patron à tous les deux, grand ami du régime corrompu qui entretient à plaisir la guerre et la haine aveugle.

Peut-être même songe-t-elle à livrer Aleksandar aux autorités, qui sait ?

Toute certitude, toute quiétude d’esprit, n’est désormais qu’illusoire.

À la clinique où on l’a réquisitionné pour traiter des soldats traumatisés, Aleksandar fait un jour la rencontre d’une femme étrange, Tania, mi-victime, mi-bourreau, qui l’entraîne dans un monde de désir, de folie et de rébellion.

Ensemble, ils naviguent tant bien que mal entre les combines, les machinations et les trahisons qui forment l’ordinaire de cet univers en délire, où les amis d’hier sont les ennemis d’aujourd’hui.

Dans ce roman remarquable par le ton et la voix qui le portent, aux accents dostoïevskiens, les personnages ne cessent jamais de se dérober au destin qui les guette et va les cueillir pourtant.

Cet Aleksandar à l’ironie irrésistible, si fragile malgré ses dehors désabusés, nous entraîne à sa suite, tel un Dante des temps modernes, dans une lente descente aux enfers : le front, les dédales du pouvoir et de la prison, les méandres de la psyché et des faux-semblants.

La violence et la folie de cet univers côtoient une touchante tendresse qui révèle, en dernière analyse, la terrible beauté de l’être humain.

L’AUTEUR :

Né à Chicago en 1952 de parents juifs, d’origine ukrainienne et lituanienne, établi à Montréal depuis une vingtaine d’années, DAVID HOMEL s’est fait connaître comme journaliste et traducteur.

Il a publié quatre romans, tous traduits en français : Orages électriques (Actes Sud, 1991) ; Il pleut des rats (Actes Sud/Leméac, 1992) ; Un singe à Moscou (Actes Sud/Leméac, 1995 et Babel) et L’Évangile selon Sabbitha (Leméac/Actes Sud, 2000).

L’ANALYSTE
David Homel
traduit de l’anglais par Lori Saint-Martin et Paul Gagné
Coédition : LEMEAC/ACTES SUD
392 pages – 29,95$