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Des retraités du Nord font du bénévolat

dans le Sud

L’amour me mène par le bout du nez et, parfois, il me mène beaucoup plus loin que je ne le souhaiterais. Ce voyage ne m’inspire rien qui vaille; je le fais pour Marie, un point c’est tout. Pour Marie et pour les quetzals.

Mon beau Roméo, il me semble qu’un petit dépaysement nous ferait du bien. Notre avenir rétrécit, l’air de rien, et nous avons si peu voyagé. Au Guatemala, on a besoin de bras pour la construction de maisons, de cliniques médicales et d’écoles. Nous pourrions à la fois voir du pays et nous rendre utiles.

Peu loquace dans la vie, Roméo Morin n’a pas la langue dans sa poche dans ce récit où il raconte, de manière savoureuse, autant les bonheurs et les espoirs déçus de sa vie passée que son séjour de quatre semaines au Guatemala où, avec sa femme Marie et cinq autres bénévoles, il construit une classe supplémentaire à une école.

C’est avec la même vivacité qu’il relate son magasinage dans une quincaillerie de Guatemala Ciudad, ses visites dans un centre de méditation ou dans un village peuplé de néo-hippies et ses excursions en canot sur le lac Atitlán et à pied dans une jungle humide, saturée de moustiques voraces.

Comme il aimerait, parfois, être Bob Morane plutôt qu’un plombier à la retraite incapable de dire non à la femme dont il est toujours amoureux fou après quarante ans de mariage!

Râleur au cœur d’or, il se donne à fond à son travail de bénévole tout en se plaignant des aléas de son séjour au Guatemala.

« Je vais de l’avant à reculons », affirme-t-il.

Il ne tolère ni la promiscuité des autres bénévoles, ni la vision quotidienne de la misère qui éveille en lui culpabilité et révolte, ni la musique des marimbas qui le rend fou.

Mais il se laisse heureusement séduire par les paysages colorés et par les êtres qu’il se met à aimer sans condition : Rigoberta, la cuisinière « au cœur vaste comme le monde », le père Conrad, ce presque saint qui les dirige et, plus encore, les deux orphelins que le bon père héberge, Luisa, un ange de 12 ans, et son frère Raúl atteint d’une maladie incurable et déjà dur à cuire à 7 ans.

Roméo ne sortira pas indemne, ni physiquement ni moralement, de ce voyage qui tournera au cauchemar, mais qui lui apportera aussi l’une des plus grandes joies de sa vie.

lundi 1 juin 2009
Guatemala, mon amour ***
CRITIQUE DE DOMINIQUE BLONDEAU

L’AUTEURE : FRANÇOISE CLICHE

Née à Saint-Georges en Beauce, en 1956, Françoise Cliche vit maintenant à Québec.

Après des études en agronomie, elle se fait postière pendant plus de quatorze ans.

Désireuse de réorienter sa drôle de carrière, elle étudie ensuite en physiothérapie pour finalement accepter un emploi de technicienne en vérification fiscale.

Toutes ces errances n’ont pas réussi à lui faire perdre son amour de la langue française.

En 2003, elle est l’une des dix finalistes de la catégorie
« amateurs » de la Dictée des Amériques.

L’ARBRE QUI GLAPIT
Françoise Cliche
XYZ ÉDITEUR
Collection Roman
2009 – 272 pages – 25,00$

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