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L’ancien juge Kemmer, forcé à la retraite, en silence, tenta d’avaler sa salive. Il était certain qu’il était strictement interdit selon les lois qu’un enfant naisse, et pire, aille mourir à la guerre sans le déclarer à sa mère. Ce qui s’était passé, selon lui, c’était le plus inqualifiable des crimes. Le verdict, il le connaissait déjà, et avec certitude. Cet enfant mort, on devait le faire griller sur la chaise élecrique. Maintenant . (L’oeil droit du cyclope)

Il arrive régulièrement qu’on nous annonce le début d’une carrière prometteuse, d’un jeune auteur particulièrement doué, d’une voix.

Ce premier recueil de nouvelles de GUILLAUME CORBEIL a tout ce qu’il faut pour lui valoir de tels compliments, et pourtant ce serait réducteur.

C’est avec une aisance et un style d’une maîtrise époustouflante que le jeune homme met en scène des personnages grotesques et complexes, pris dans un univers absurde qu’ils ne songent pas à remettre en question.

Si un narrateur décrit l’écriture comme une fugue, les protagonistes cherchent plutôt à fuir autrement : une jeune mariée achète une voiture pour pouvoir circuler sur le pont qui lui permettra de se suicider (Elles détestaient Madrid) ; une femme enceinte attend le train de midi qui n’arrive pas (L’oeil droit du cyclope), un enfant naît dans une chambre remplie de vide (Annexe à la Genèse).

Nerveux et juste, le style de cet auteur surprend et ravit.

De la fugue il emprunte les principes, jouant de la répétition et de la permutation si bien que les récits acquièrent une dimension prismatique.

L’AUTEUR :

Né en 1980 dans le petit village de Coteau-Station GUILLAUME CORBEIL entreprend des études en droit et abandonne trois heures plus tard, le temps d’un cocktail avec le corps professoral et d’un discours du recteur.

Il commence à écrire à l’âge de vingt ans, trop tard pour devenir le nouveau jeune prodige des lettres québécoises.

Il termine en 2007 une maîtrise en création littéraire à l’UQÀM, où il aborde à partir du slogan de la boulangerie Première Moisson – L’art du vrai – les questions du mensonge et de la vérité en littérature, pour ensuite se positionner contre l’autobiographique.

Parfois il se dit qu’écrire,ce n’est pas une vie, ça, et que tout aurait été plus facile s’il était plutôt devenu ahtlète de haut niveau, peut-être un nageur ou un skieur olympique, sinon un joueur de hockey professionnel, ou encore tout autre chose, éleveur de pigeons voyageurs, accessoiriste à la télévision communautaire ou pompier, simplement.

Ce titre est son premier livre.

L’ART DE LA FUGUE
Guillaume Corbeil
LES ÉDITIONS L’INSTANT MÊME
Collection Nouvelles
2008 – 147 pages – 20,00$

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