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Raymond Martineau est né le 17 juillet 1912 dans la paroisse Notre-Dame-du-Chemin à Québec.

Son père, Oscar-Elzéar-Joseph Martineau, s’était marié à Cap-Rouge en 1910 avec Adélaide Feeney.

Michael Feeney, père de cette dernière, avait acheté, en 1907, la belle maison blanche et verte que nous connaissons aujourd’hui, située au 4164, de la Côte de Cap-Rouge.

Après des études primaires à l’Académie Saint-Joseph du faubourg Saint-Jean-Baptiste dirigée par les frères des Écoles chrétiennes, Raymond, à la suite d’un concours, sera nommé boursier du Gouvernement provincial et fera son cours secondaire moderne à l’Académie Commerciale de Québec.

Après plusieurs déménagements, la famille s’installera rue Saint-Joachim, face à l’école des Beaux-Arts.

C’est à cet endroit que Raymond suivra son cours en architecture et y sera diplômé architecte.

Sa sœur Paule y suivra également son cours en peinture.

Après avoir fait sa cléricature au bureau de Berchmans Gagnon à Sainte-Marie et à Thetford, il travaillera chez les architectes Rousseau et Bégin et, enfin, au bureau de Raoul Chênevert avec qui il s’associera et collaborera à plusieurs projets.

En 1940, âgé de 28 ans, il s’enrôlera dans l’armée et suivra un cours d’officier à Brockville, en Ontario ; il sera nommé lieutenant et capitaine dans différentes batteries d’artillerie côtière.

Ces fonctions l’amèneront à travailler à Saint-John au Nouveau-Brunswick, à Halifax et à Sydney, en Nouvelle-Écosse, et à Saint-Jean de Terre-Neuve.

Il travaillera également aux usines de Sorel pour la mise au point d’un canon de 25 (poids de l’obus).

Le gouvernement canadien l’enverra par la suite dans le Grand Nord pour surveiller l’installation de trois postes de sismographe et de surveillance de la Russie.

Par la suite, à l’ancien fort Penouille en Gaspésie, il surveillera l’installation de canons de 4,7 pouces de diamètre qui, à cause de leur longue portée, seront utilisés plus tard sur des navires de guerre.

Il sera démobilisé à la fin de la guerre, en 1945, et entrera au Service civil fédéral en 1949.

Il sera nommé architecte de district à Québec et par la suite à celui de Montréal-Québec. Il sera chargé de projets pour la construction de plusieurs bâtiments fédéraux dans le domaine des prisons et des postes. Il surveillera les travaux d’érection de la prison de Sainte-Anne-des-Plaines, de l’Institut Leclerc, de Cowansville, de Saint-Vincent-de-Paul (dôme), de Sainte-Anne-de-Bellevue et de l’Hôpital des vétérans de Sainte-Foy (anciennement le CHUL).

Parmi les édifices des postes, il surveillera l’agrandissement à la gare du palais et l’édifice des Postes de la rue Saint-Paul à Québec. Les travaux de plusieurs autres bureaux secondaires, dont celui de la rue Maguire à Sillery, seront également surveillés par son département de construction.

De 1940 à 1972, année de sa retraite, Raymond aura voyagé à travers le Canada et gardera le goût des voyages.

Avec sa sœur Paule, il fera plusieurs séjours en Espagne qu’il parcourra en tous sens. Il voyagera aussi en France et en Italie.

Pendant 65 ans, il occupera ses loisirs comme dessinateur, peintre et aquarelliste.

Ces dernières années, il a complété les cinq cahiers illustrés rappelant plusieurs anecdotes et descriptions précises de son enfance.

Depuis quelques années, il demeure dans la maison de la Côte de Cap-Rouge et réalise encore dans son atelier plusieurs peintures et aquarelles de son village ou d’ailleurs.

Durant les Fêtes de Noël, sa sœur Paule et lui envoyaient à leurs amis de jolies cartes illustrant le village sous différents aspects.

Raymond a un franc-parler, une vivacité d’esprit et un goût de la vie qu’il manifeste en riant. Son expérience de vie dans plusieurs domaines en font un être attachant et une source d’information unique.

L’échange de plusieurs documents et photos anciennes de Cap-Rouge pour la Société historique a été l’étincelle d’où jaillirent une aventure et une amitié sincère.

La Société historique du Cap-Rouge, qui transmettra un jour les documents aux Carougeois, remercie bien sincèrement Paule et Raymond qui ont ouvert leur cœur pour transmettre un témoignage si précieux et des documents très rares.

Les familles Martineau, Feeney et Delisle auront marqué, par leur implication dans plusieurs domaines, l’histoire de ce beau village devenu la magnifique ville que nous connaissons aujourd’hui.

Jean Déry (1930-2001)
Société historique du Cap-Rouge
(Ce texte du 26 juillet 2000 provient de la SHCR, du fonds privé de Jean Déry.)

Monsieur Martineau est décédé en juin dernier. Il ne pouvait laisser plus bel héritage que ce livre MÉMOIRES D’ENFANCE aux Éditions MultiMondes.