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Une jeune femme seule dans un manoir isolé, une meute de dogues errant dans un jardin à l’abandon, un meurtrier aux aguets… Minette Walters joue en experte de tous les ressorts de l’angoisse.

Correspondante pour l’agence Reuters, Connie Burns est la première à s’interroger sur un fait divers recensé par les journaux du Sierra Leone : plusieurs femmes ont été violées et massacrées dans des circonstances analogues.

Dans ce pays qui se remet à peine d’un conflit sanglant et fratricide, l’événement est banal.

Mais Connie est capable de faire le rapprochement avec d’autres meurtres commis sur d’autres théâtres de guerre – précisément ceux où elle a aperçu et revu le même mercenaire britannique, embauché sous des identités différentes.

Lorsque, envoyée en Irak, elle constate des faits similaires, et identifie le même homme, elle commence une enquête qui, finalement, alerte le suspect.

Menaces, pressions… Connie disparaît.

Elle réapparaît quelques jours plus tard, indemne.

Officiellement, la journaliste est un de ces otages enlevés en Irak et relâchés pour des raisons inconnues.

Officieusement, la police et l’armée s’interrogent sur cette captivité atypique : elle n’a duré que trois jours, Connie semble n’avoir subi aucun sévice mais présente un comportement étrange et affirme n’avoir rien vu, rien entendu de ses ravisseurs.

Plutôt que d’affronter les questions, Connie change de nom et loue Barton House, une grande maison cachée au plus profond de la campagne du Dorset.

Elle veut se guérir seule de l’horreur subie entre les mains du mercenaire psychopathe, à propos duquel elle est restée muette.

Ainsi immergée dans une Angleterre provinciale dont elle ignore tout, elle découvre un autre univers, celui d’un petit village replié sur lui-même, de ses familles refermées sur leurs secrets et leurs haines…

Deux personnes ont pourtant deviné que la jeune locataire de Barton House n’est pas l’écrivain en quête de tranquillité qu’elle prétend être : Jess, qui dirige la ferme voisine, et Peter, le médecin local.

Tous deux ont assisté à une de ces crises de panique. Tous deux vont se trouver mêlés à son histoire lorsque le mercenaire psychopathe fait irruption dans Barton House…

Le coup de génie de la nouvelle reine du thriller psychologique est d’avoir mêlé en un même décor – Barton House – les fantômes de la guerre moderne et ceux de la campagne anglaise.

L’AUTEURE :

MINETTE WALTERS vit dans le Dorset avec son mari. Depuis la parution de son premier livre, en 1992, elle a gagné un prix littéraire presque chaque année, en Europe ou aux États-Unis. Chez Robert Laffont, elle a publié Le Sang du renard (2003) et La Disparue de Colliton Park (2005).

LES DÉMONS DE BARTON HOUSE
(The Devil’s Feather)
Minette Walters
Traduit de l’anglais par Odile Demange
LES ÉDITIONS ROBERT LAFFONT
Collection « Best-Sellers » Suspense
2006 – 384 pages – 29,95$ – 22 euros

LES ÉDITIONS ROBERT LAFFONT

MINETTE WALTERS (en anglais)