Art et culture
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Il est étonnant qu’aucune histoire de l’humour n’ait été écrite jusqu’à présent au Québec.

En effet, non seulement l’humour a envahi la société québécoise, mais le Québec, dit-on, produit le plus grand nombre d’humoristes par tête de pipe au monde.

Par ailleurs, l’humour est sûrement le produit culturel qui rapporte le plus, tant à la télévision, à la radio, qu’en salle de spectacle ou dans la publicité. L’humour a même son musée, son école, son gala et, évidemment, son
festival.

Maintenant, il a aussi son histoire !

Quelles sont les différentes formes de l’humour au Québec ?

Que signifie son omniprésence ?

La conjoncture jouant un rôle déterminant dans la production humoristique, on ne peut porter de jugement sur l’humour actuel et saisir le sens de son évolution sans jeter un regard sur le passé, en faire ressortir les grandes tendances et se pencher sur ses principaux thèmes aux différentes périodes de l’histoire :

– Le burlesque a dominé le champ du comique pendant toute la première moitié du XXe siècle. Avec l’immense popularité qu’il a connue – il attirait des foules nombreuses – on peut parler d’un début de professionnalisation du comique : Olivier Guimond (père et fils), Denis Drouin, Juliette Pétrie, Rose Ouellette ou La Poune…

– L’époque glorieuse et éphémère des cabarets, qui s’imposent à la fin des années 1940. Chanteurs et chanteuses, comédiens et comédiennes y font les belles nuits de Montréal : Jacques Normand, Paul Berval, Normand Hudon, Dominique Michel, Gilles Pellerin, Ti-Gus et Ti-Mousse, les Jérolas, le Père Gédéon…

– Le temps de la Révolution tranquille, l’apparition d’un humour critique, engagé et même contestataire. Quelques thèmes de l’humour pendant cette période d’intense transformation de la société québécoise : la religion, le débat sur la langue, les politiciens, la police, les féministes… Quelques figures marquantes : Les Cyniques, Clémence DesRochers, Yvon Deschamps, Sol…

– Les nouvelles tendances des années 1980, autour des Lundis des Ha ! Ha ! Claude Meunier et Serge Thériault organisent ces soirées où s’enchaînent des numéros de moins de quinze minutes, pour faire rire à n’importe quel prix. Autour d’un maître de cérémonie, on a pu y voir, entre autres, Daniel Lemire, Pierre Verville, Michel Barrette, André-Philippe Gagnon, Michel Courtemanche…

Le groupe Rock et Belles Oreilles, qui s’est rendu célèbre à la télévision et qui tirait justement son inspiration principale de ce média.

– Le phénomène de l’industrialisation de l’humour, dont le festival Juste pour rire est la manifestation la plus marquante.

– Et quelques portraits de francs-tireurs… Daniel Lemire, Pierre Légaré, Les Zapartistes.

Mais la lecture instructive de cette histoire de l’humour ne manquera pas également de vous faire rire grâce aux nombreux exemples qui illustrent les propos de Robert Aird.

L’AUTEUR :
Né à Montréal, ROBERT AIRD s’intéresse depuis longtemps à l’histoire et à… l’humour. Son mémoire de maîtrise en histoire à l’UQAM portait sur « L’évolution du comique de scène au Québec francophone, depuis 1945 ».

Il a également dirigé un dossier thématique concernant l’humour et le politique pour la revue Bulletin d’histoire politique, publiée par Lux éditeur et l’Association québécoise d’histoire politique.

L’HISTOIRE DE L’HUMOUR AU QUÉBEC
DE 1945 À NOS JOURS
Robert Aird
VLB ÉDITEUR
Collection : Études québécoises
168 pages ; 18,95 $

VLB ÉDITEUR