Art et culture
Accueil -> culture -> Louise Turgeon -> Auteurs québécois - Adultes/Ados ->

Jacques Lazure, scénariste, romancier, auteur de livres jeunesse et nouvelliste, publie ici son dixième ouvrage. Il s’agit de son deuxième recueil de nouvelles.

Les vingt-quatre textes sont regroupés en quatre parties, quatre séries d’objets: « Pièces à conviction », « Tables d’opération », « Machines à écrire » et « Instruments de torture ».

Ces « objets de guérison » assurent une continuité et créent un lien entre les textes, par lequel l’auteur pose la question: Peut-on guérir de la mort ?

Jacques Lazure livre ici des histoires sombres dans lesquelles un suspense omniprésent provoque le malaise, et à chacune il a réservé une chute qui réussit souvent à couper le souffle du lecteur.

À la manière d’un chirurgien maniant le scalpel, l’auteur a ciselé des textes qui posent plus de questions qu’ils n’apportent de réponses, et qui, tout en évoquant la mort, ne manquent pas d’humour ni d’espoir.

Tournant autour de plusieurs thèmes dont celui, récurrent, de l’écrivain et de son lecteur, Lazure se demande s’il peut y avoir là objet de guérison…

Dans Le crachat, un tueur en série dont les meurtres sont conçus et mis en scène autour d’un poème de son cru qu’il laisse sur les lieux du crime, se trouve à devenir le poète le plus maudit que la terre ait porté :

Je ne suis pas un poète comme les autres. Mes poèmes ont figuré dans les journaux, ont été lus par tout le monde, commentés par les éditorialistes. Je fais déjà partie des écrivains populaires qui marqueront leur époque. Ne reste plus qu’à immortaliser ma poésie dans un recueil abominablement beau.

Plus loin, dans Les conscrits de faïence, l’écriture n’aide absolument pas à la guérison. Le narrateur, poète lui aussi, qui partage une chambre à l’unité de soins palliatifs avec deux compagnons d’infortune, décrit leurs dernières heures et note:

Je dépose mon crayon. Ceux qui affirment qu’écrire aide à supporter l’effort du monde ne comprennent rien à la poésie. Je ne suis en rien soulagé.

Mais il arrive que la littérature console, comme dans L’héritage de Marie-Pierre, et elle peut même guérir, ainsi que le fait, pour un autiste, un poème d’André Breton, dans Le désespoir dans ses grandes lignes.

L’AUTEUR :

Nouvelliste et romancier pour la jeunesse, JACQUES LAZUREétudie en communication à l’Université du Québec à Montréal avant de s’orienter vers la scénarisation. Par la suite, il écrit trois séries d’émissions pour enfants pour le Canal Famille.

Il publie un premier texte en 1987, suivi de quatre livres de littérature jeunesse (dont Le domaine des sans-yeux qui a été finaliste au prix du Gouverneur Général et a reçu le prix Wallonie-Bruxelles, Le rêve couleur d’orange qui a gagné le prix Brives-Montréal et le Prix Christie, et LLDDZ qui a lui aussi gagné le prix Christie).

Pour les adultes, Jacques Lazure a écrit un recueil de nouvelles, La valise rouge, et deux romans, Le jardin froissé et Les oiseaux déguisés.

Il a également remporté à deux reprises le Prix des jeunes scénaristes de Radio-Québec pour deux dramatiques pour adolescents.

OBJETS DE GUÉRISON
Jacques Lazure
VLB ÉDITEUR
Collection Fiction
2007 – 160 pages – 17,95$

VLB ÉDITEUR

Titres de cet auteur présentés chez Planète Québec :

Les chasseurs d’éternité
Le Rêve couleur d’orange
Objets de guérison