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À l’occasion de la séance annuelle de ses membres tenue le 10 décembre dernier, l’Union des écrivaines et des écrivains québécois a décerné ses prix Alpha et Bêta pour une deuxième année consécutive.

Prix Alpha 2005 décerné au Devoir

Le Prix Alpha, qui récompense la meilleure couverture médiatique de la littérature québécoise, a été remis à l’équipe du journal Le Devoir, même si le cahier littéraire a été qualifié par plusieurs participants de « trop mince ». Soulignons que la première édition lui avait également été remise pour l’assiduité de son travail à l’intérieur de ce même Cahier livres. Malgré une couverture qualifiée de plus complète et de plus sérieuse que dans bien d’autres médias, il est à noter cependant que plusieurs écrivains ont déploré le peu de place accordée à la poésie québécoise et étrangère à l’intérieur de ce quotidien.

Pour souligner la qualité de ce travail, l’UNEQ a donc le plaisir de remettre à toute l’équipe éditoriale du Devoir un livre-objet conçu par l’artiste Manuela Lalic.

Prix Bêta 2005 décerné à la Société Radio-Canada

Le Prix Bêta, qui souligne la pire couverture médiatique de la littérature québécoise, a été remis à la Société Radio-Canada. Précisons que la SRC a déjà remporté cette distinction peu honorable lors de la première édition, l’hiver dernier. On peut donc dire que la Société fait preuve d’une remarquable constance dans sa non-volonté de mettre à l’honneur la littérature d’ici. Il est à noter que, cette année encore, ce prix a fait l’unanimité parmi les écrivains qui se sont prononcés.

Cependant, alors que l’an dernier les doléances des membres s’adressaient davantage à la radio, à cause de la disparition de la chaîne culturelle qui était alors toute récente – les dernières cotes d’écoute pour l’automne 2005 ont d’ailleurs fait état d’une chute de 17 % de l’auditoire d’Espace Musique – , nos membres se sont, cette fois, surtout plaints du peu d’efforts engagés du côté de la télévision.

Sûrement que le débat suscité autour de l’annonce officielle de la SRC, en juin dernier, de ne pas mettre à l’antenne un magazine littéraire y est pour quelque chose. Alors que les amateurs d’information viennent d’avoir droit au repositionnement du Téléjournal dans la grille horaire, les gens du milieu de la culture, eux, attendent toujours qu’on leur donne une nourriture digne de ce nom. Pour faire taire ses détracteurs, la SRC produit d’imposants documents dans lesquels elle recense la moindre mention du mot « livre » sur ses ondes. Des listes qui ne sont pas sans rappeler celles que dressent, plutôt sottement, Bouvard et Pécuchet pour circonscrire des savoirs qui leur sont inconnus !

Pour souligner la remise de ce prix, l’UNEQ remet donc à l’équipe de la direction de la SRC un livre-objet conçu par l’artiste Manuela Lalic.

Cette dernière, qui a exposé en solo à la galerie Clark et participé à l’exposition collective chez Circa, intitulée « Faire du sur place » en 2005, travaille dans un esprit de récupération. Les livres créés pour ces prix en rendent magnifiquement compte !

Source : Pierre Lavoie