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Quoi de plus sympathique que d’être accueilli par une voix roucoulante et chaleureuse, émise par une personne patiente, attentive, prompte à vous complimenter à n’importe quelle heure du jour de la nuit ?

 

Et ceci, pour accompagner le simple achat d’un bouquet de fleurs ou de tout autre objet de consommation courante.

Les grands de l’Internet se retroussent les manches pour le développement d’une nouvelle ère, l’ère des « chatbots ».

Ce mot provient de la contraction de deux termes que beaucoup connaissent, le chat, non pas celui qui miaule, mais celui qui communique sur Internet, et le robot.

Microsoft et Facebook développent des efforts colossaux pour s’emparer du marché.

Pensez donc, créer un lien, même artificiel, mais suffisamment chaleureux pour retenir le consommateur, l’accompagner dans ses achats et l’inciter à la fidélité de l’enseigne… cela fait rêver.

Pour Eric Sadin, philosophe et écrivain, «c’est une tentative de nouveaux liens commerciaux qui correspond à la relation client ininterrompue. On se dirige vers une sorte de relation continue».

Et en plus, quoi de plus simple que de poser quelques questions anodines afin de compléter en toute impunité « la fiche confidentielle » du client que nous serons presque tous.

C’est un grand succès technologique issu de l’imaginaire fécond de développeurs géniaux.

En partant du principe que la fonction crée l’organe, nous pouvons clairement penser que ce qui existait jusqu’à présent était loin d’être suffisant pour nous satisfaire et que ce nouvel organe social, issu de l’imaginaire humain, en est l’évolution logique.

Ne dit-on pas que malgré des possibilités de liens multiples, jamais l’individu ne s’est retrouvé aussi seul dans son environnement privé ?

Se connaître dans les forums, s’interpeller sur les chats, se « liker », se « twitter », sont des évolutions technologiques, mais, se réunir, s’aimer, s’apprécier, se toucher, compter l’un pour l’autre, être attentif et à l’écoute des attentes de ceux qui comptent pour nous, n’est-ce pas là le lien humain vital?

Dans les pays développés, la solitude rassemble un bon tiers des populations…

Dans le mot solitude, il faut entendre une absence de présence physique à la maison et dans les moments où l’on a besoin, tout simplement, d’attention, de reconnaissance, d’affection et d’amour.

Oui, les « chatbots », avec « le développement de la réalité virtuelle », ne feront que remplir un vide qui lui n’est pas virtuel, le vide affectif du XXIe siècle.