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Perdre sa naïveté d’enfant à un âge où l’imaginaire devrait encore avoir le dessus sur le monde réel est sans doute un des pires châtiments qui soient. Surtout lorsque de tragiques événements en sont la cause.

L’homme dont on suit la vie dans Adieu, vert paradis, premier roman d’Alexandre Lazaridès, n’a ni connu les joies de l’enfance ni pu compter sur ses proches pour lutter contre les fantômes qui le hantent.

Une situation que, dès son jeune âge, il a appris à contourner en se cachant un peu partout dans l’appartement familial, surprenant au passage secrets et confessions.

Dans cette famille de la diaspora où s’exerce, dans l’ombre, la suprématie masculine – autant celle du mari que celle du fils aîné – sur la femme, le mensonge devient vite le bouclier de cet enfant désillusionné.

L’histoire prendra une tournure dramatique à l’arrivée d’une jeune bonne issue du petit peuple qui apprendra, à ses dépens, ce qu’il en coûte d’entrer dans une famille sur laquelle plane une violence restée sourde jusque-là.

Ces événements douloureux s’inscrivent parmi les difficultés de cohabitation de différentes langues, religions et cultures, dans un pays jamais nommé, mais que nous comprenons sans peine.

Usant en alternance de deux modes narratifs, créant des discontinuités temporelles révélatrices entre le passé et le présent, l’auteur donne tour à tour la parole à l’enfant et à l’homme qu’il est devenu, un homme toujours en quête de la vérité, de son histoire et des pièces manquantes de sa vie, désespérant de laisser reposer en paix l’enfant blessé qu’il tient captif en lui.

Cet ouvrage, au ton à la fois réaliste et intimiste, est aussi un regard sur la contradiction entre les droits consacrés de l’enfant et le sort qui lui est concrètement réservé dans un monde qui a de plus en plus de mal à lui faire une place.

L’AUTEUR :

Originaire du Caire, en Égypte, ALEXANDRE LAZARIDÈS vit à Montréal depuis 1965.

Il a fait carrière dans l’enseignement collégial, a publié un essai, Valéry. Pour une poétique du dialogue (Presses de l’Université de Montréal, 1978), et s’est intéressé à la critique dramatique et musicale.

Ce titre est son premier roman.

CRITIQUE DE DOMINIQUE BLONDEAU

Jeudi 26 mars 2009
Deux frères en otage ***

ADIEU, VERT PARADIS
Alexandre Lazaridès
VLB ÉDITEUR
Collection Fictions
2009 – 368 pages – 27,95$

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