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Pour fuir la réalité, Betty boit. Ce qui a fait dire à l’un de ses amants qu’elle finirait à l’asile. Ou à la morgue…

Lorsque Betty, ivre morte, échoue une nuit au « Trou », chez Mario, amenée là par un client qui l’a cueillie dans un bar des Champs-Elysées, elle vient d’être chassée de chez elle, où elle vivait, dans l’immeuble de sa belle-famille, avec son mari et ses deux enfants.

Elle a dû renoncer à tout droit sur ceux-ci, moyennant une rente qui lui sera versée. Tel est le résultat de son inconduite devenue scandaleuse.

Recueillie par l’ami de Mario, Laure, qui l’héberge dans l’hôtel où elle habite, Betty va connaître, pour la durée de quelques jours, un milieu tout nouveau : la clientèle des « tordus » qui fréquente le bar-restaurant de Mario, la calme assurance de ce dernier, bon bougre qui impressionne la jeune femme, le dévouement efficace de Laure à qui Betty révèle, par bribes et morceaux, sa vie passée…

Dans la série des » romans durs « de Georges Simenon, Betty est l’un des plus âpres, des plus noirs.

Ce portrait d’une jeune femme alcoolique tombée au fond de la déchéance passera à n’en pas douter à la postérité au même titre que Nana, de Zola.

Cette oeuvre magistrale a fait l’objet d’une adaptation cinématographique elle aussi remarquable.

A coup sûr le chef-d’oeuvre de Claude Chabrol. Et indiscutablement le plus grand rôle de Marie Trintignant, qui y signait une prestation bouleversante.

Cette réédition, qui a reçu l’approbation de Nadine Trintignant, se veut un ultime hommage à la comédienne, disparue dans les circonstances tragiques que l’on sait.

Critique d’Uparathi

BETTY
Georges Simenon
LES ÉDITIONS PRESSES DE LA CITÉ
167 pages – 24,95 $

LES ÉDITIONS PRESSES DE LA CITÉ