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1974.
Elisabeth, dite Lili, a dix-huit ans.

Elle file une jeunesse dorée et insatisfaite dans un immense hôtel haussmanien à Paris, sous la férule négligente de son père, un riche industriel.

Depuis quelques mois, elle est follement amoureuse d’un garçon de Belleville, Sid Mohamed Badaoui, dit Bada, qu’elle a rencontré lors de ses folles soirées en boîte de nuit sur les Champs-Élysées.

Février 1975.
Lili est tout à coup interpellée par un reportage du journal télévisé : à l’écran, une banque de l’avenue de la République, où sont retranchés trois truands, face à la brigade anti-gang du commissaire Broussard.

Après dix heures de siège, le hold-up manqué va se solder par deux morts – le caissier et l’un des bandits – et une course-poursuite effrénée dans les rues de Paris, à l’issue de laquelle les deux fuyards survivants sèment la police.

L’un de ces fuyards est Bada, l’autre est son grand ami, André Bellaïche.

Cette nuit-là, ils trouvent refuge chez Lili. Le lendemain, la fiancée de Bellaïche les rejoint, et sans crier gare ils prennent la fuite tous les quatre.

Une cavale qui va durer deux ans.

L’Espagne d’abord, puis le Maroc, enfin la Grèce, où Lili se fait interpeller à la douane.

Pour laisser à Bada le temps de s’éloigner et pour protéger sa fuite, Lili se jure de tenir trois mois jour pour jour à Athènes.

Trois mois sans bagages, sans argent, sans amis, sans appuis.

Ses parents ne recevront aucunes nouvelles d’elle.

Pour survivre, elle devra consentir à tous les abandons.

Chaque jour qui passe est une lente et terrible descente aux enfers.

De retour en France, Lili, défendue par Roger Badinter, a été jugée pour complicité et recel et condamnée – elle avait promis à Bada de l’attendre cinq années. Elle tiendra parole -, avant d’être amnistiée.

Aujourd’hui, alors que sa propre fille fête ses dix-huit ans, Élizabeth Fanger tente de tourner la page de cet amour jamais effacé, elle nous livre sa vérité, et nous offre le récit intense et cru de cet effroyable engrenage, du gâchis de ses illusions de jeunesse.

Un témoignage d’une grande sobriété, où l’émotion le dispute à la force.

De cette bouleversante histoire vraie, BENOÎT JACQUOT a tiré un film intitulé À tout de suite, sélectionné au Festival de Cannes en 2004.

L’AUTEURE :

ÉLISABETH FANGER, née en 1956, vit actuellement dans le sud de la France, où elle se consacre à sa passion pour l’invention..

J’AVAIS DIX-HUIT ANS
Elisabeth Fanger
LES ÉDITIONS RAMSAY
2004 – 208 pages – 32,95$ – 18 euros