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Enfin, le journal du patriote André Ouimet refait surface après une «disparition» de plus de 120 ans !

On cherchait depuis plus d’un siècle ce manuscrit signé par celui qui fut président des Fils de la Liberté en 1837, et dont avaient pris connaissance les premiers historiens des Rébellions.

C’est à son frère Benjamin, qui vivait en exil en Louisiane, qu’André Ouimet avait remis une copie de son journal, et c’est cette copie qui a été déposée aux Archives de Montréal en 2005.

André Ouimet y relate son arrestation et son incarcération à partir de novembre 1837.

C’est un témoignage très intéressant, en même temps qu’une œuvre littéraire pleine de verve et d’humour, avec une introduction, des notes et une chronologie de Georges Aubin.

André Ouimet est né le 11 février 1808 à Sainte-Rose, quinzième enfant d’une famille de vingt-six.

Après des études classiques au Collège de Montréal, il exerce la fonction de commis pendant qu’il étudie le droit. Il est admis au barreau le 25 avril 1836 et fonde une société avec son ami Charles-Ovide Perrault.

En 1835, à la Librairie d’Édouard-Raymond Fabre, il rencontre Louis-Joseph Papineau et Denis-Benjamin Viger. Il participe avec eux à la fondation de l’Union patriotique, en 1835, et au Comité central et permanent, en 1837.

Lors de la formation de l’Association des Fils de la Liberté, il en devient Président.

Il est l’un des premiers arrêtés en novembre 1837, sous l’inculpation de haute trahison. Incarcéré près de huit mois, il est libéré le 8 juillet 1838 à la suite de l’amnistie accordée par Lord Durham et du paiement d’une caution de mille livres.

Une fois les troubles apaisés, il reprend sa profession d’avocat qu’il exercera jusqu’à sa mort, en 1853.

À la fin de son journal de prison, André Ouimet avait retranscrit une lettre, datée du 12 juin 1838, qu’Elizabeth Lount adressait à l’Honorable John Beverly Robinson, juge en chef du Haut-Canada, après l’exécution de son époux, le juge Samuel Lount.

Cette partie du texte a été conservée dans cette édition.

Enfin, Georges Aubin a placé en annexe l’Adresse des Fils de la Liberté de Montréal aux jeunes gens des colonies de l’Amérique du Nord, un document trop peu diffusé qui, outre le fait qu’il rende compte de l’idéal politique d’André Ouimet, se trouve à présenter des résonances saisissantes pour le Québec du XXIe siècle.

JOURNAL DE PRISON D’UN FILS DE LA LIBERTÉ
1837-1838
ANDRÉ OUIMET
Texte établi, présenté et annoté par Georges Aubin
LES ÉDITIONS TYPO
2006 – 160 pages – 10,95$

LES ÉDITIONS TYPO