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Le qualificatif de «pionnière» n’est pas trop fort appliqué à Diane Di Prima.

Dans l’Amérique corsetée des années 1950, elle plaque l’université et, arrivée à New York, navigue à travers les bars, les lieux alternatifs ou interlopes, à la recherche d’âmes soeurs en rupture de ban.

Une des premières beatniks de New York, elle incarne toute l’audace, l’incroyable appétit de vivre mais aussi la tolérance qui allait inspirer les générations à venir.

Elle survit en se faisant à l’occasion modèle pour peintres ou photographes érotiques, habitant, comme les artistes et les marginaux, dans les quartiers mal famés du sud de Manhattan, formant des familles improvisées.

De ces premières «communes» où l’amour libre entre partenaires multiples – homos, hétéros, bi – peut se vivre au quotidien, elle est une des plus ferventes animatrices.

Chaque garçon ou fille de rencontre apporte son corps, son histoire et sa façon d’être unique au kaléidoscope humain composé par Diane à partir de cette société hétéroclite.

Sexe, humour, culture et insolence caractéristiques de l’esprit beat… le résultat est un croquis saisissant d’une bohème new-horkaise en plein bouillonnement, d’une «scène» où l’on croise Allen Ginsberg et Jack Kerouac, Le Roi Jones ou même Ezra Pound.

Les codes explosent et se réinventent, les goûts et les rôles sexuels se cherchent.

Musique, sexe, drogue et littérature composent un mélange enivrant, la poursuite du plaisir y est parfois brutale, convulsive mais aussi souvent tendre, voire amoureuxe.

Mais c’est aussi et surtout le portrait d’une jeune fille, poétesse rebelle, qui savoure avec jubilation expériences et excès, libre plutôt que «libérée», avec les dangers et les délices que cela comporte.

Autobiographie, roman d’éducation, fantaisie érotique ?

Un peu des trois, sans doute…

En tout cas sauvage et drôle, à l’image de son auteure.

L’AUTEURE :

DIANE DI PRIMA est née en 1934 à Brooklyn, dans l’État de New York. Elle a commencé à écrire à sept ans et, à quatorze, décidé de se vouer à la poésie. Au cours de ses années à Manhattan, elle a publié des recueils de poèmes, fondé la Poets Press, qui a édité l’avant-garde de l’époque, et cofondé le New York Poets Theatre devenant un membre imôrtant du mouvement Beat.

Au cours des trente dernières années, elle a vécu en Californie, où elle a enseigné et poursuivi son oeuvre poétique.

Outre ses nombreux recueils de poèmes, elle a récemment fait paraître une autobiographie « Recollections of My Life as a Woman ».

MÉMOIRES D’UNE BEATNIK
(Memoirs of a Beatnik)
Diana Di Prima
Traduction : Cécile Nelson
LES ÉDITIONS RAMSAY
Collection : «Terra Incognita»
180 pages – 34,95$